29 septembre 2006
Dessert pour la fin
Le cerf brame au fond des bois.
C’est à cause d’un surplus hormonal. Il a la testostérone qui fait glou-glou au fond de la gorge. A ce moment là précis de l’année, lorsqu’il a les gonades qui traînent par terre, alourdies par tant de mois de disette et de privation, il beugle sa motivation pour prendre les choses en sabots.
Les feuilles colorées tombent poétiquement autour de lui pendant qu’il fait résonner les cabanes tapies au fond des bois.
Toute la nature sauvage comprend que le cerf, y va pas falloir traîner
à côté de lui dans un fourré avec quelque chose sur la tête qui mime des
bois. C’est ainsi que le supporter lensois est interdit de forêt pendant l’automne
au cas où son casque retienne par accident une branche morte et qu’un cerf myope
cherche la saillie dans les environs.
Lorsque le cerf ne peut assouvir sa passion romantique auprès d’un
cervidé (si possible femelle) ou d’un tronc d’arbre creux, il lui arrive de se
rouler dans la boue pour impressionner la galerie et se couvrir d’une couche
supplémentaire de l’odeur d’un déodorant Axe Musk.
(Il faut bien avouer que l’animal, ne montre pas là sa finesse
d’esprit du fait qu’il n’a pas encore dégotté à ce moment là une petite amie
pour lui nettoyer ensuite sa pelisse pleine de gadoue)
Dans cette période propice à l’expression des sentiments les
plus partagés, il aurait été bienvenu que les footballeurs marseillais se
roulent hier soir un petit peu plus dans la boue slovaque pour impressionner leurs
adversaires.
Au lieu de cela, ils ont donné le bois pour se faire battre
laissant les supporters français et de cannebière bramer sur le ridicule
honteux de leur prestation.
Il est des moments où il manque au footballeur français ce
surplus d’hormone qui les ferait se dépasser et affirmer une certaine fierté de
mâle conquérant.
C’est ainsi que de plus petits adversaires nommés Maribor pour
Lyon, Maccabi Haïfa pour le PSG et donc Mlada
Boleslav pour Marseille éliminent piteusement les clubs français régulièrement.
C’est ainsi que ces petits clubs souvent composés d’amateurs se
font broyer au tour suivant par des clubs macédoniens ou chypriotes pour bien
prouver la faiblesse de la prestation de nos représentants nationaux.
La beauté du sport me dira t’on est dans ces surprises ou l’exploit
donne espoir.
Je propose donc après de telles rencontres un lâcher de cerfs en
rut contre nos chers joueurs.
Juste pour voir.
Et merde.
27 septembre 2006
La braderie lilloise
Tout bien pesé, je n’ai absolument rien contre Lille.
Il parait que c’est une ville jeune avec une grande braderie
entourée de moules et de frites. Que du bonheur en somme (même hors de la Baie).
Il se dit dans les milieux autorisés qu’il y aurait une équipe
de football bien qu’il n’y ait pas de stade. La rumeur court que Lille jouerait
en ligue des Champions.
Alors Lille – Milan, pensez donc, le troisième de Ligue 1 de l’an
passée contre le troisième du Calcio (classement obtenu après négociations des
magouilles italiennes du dernier championnat).
Mais le Milan, c’est le Milan, c’est l’histoire, c’est le sextuple
vainqueur de la C1, c’est Paolo Maldini, Berlusconi, c’est l’escalope.
Et Lille, c’est la braderie.
Alors pensez donc, le lillois demande logiquement un autographe
au milanais, veut son maillot, veut se faire prendre en photo avec l’équipe italienne,
veut une place à San Siro pour leur prochain match.
Et donc, après un match nul (mais agréable cependant pour peu
qu’on ne regarde que la dernière demi-heure les yeux à moitié fermés de fatigue
d’un entraînement footballistique de fin de journée) 0-0 à Félix-Bollaert, dans
l’antre des casques sang et or, c’est la fête, la satisfaction de l’exploit
réalisé, la béatitude réjouie.
L’Equipe le reconnaît sur son site avec le titre : « Lille
a tenu bon ».
Et comme la ligne éditoriale est cohérente (bien que peu
inspirée) dans le groupe journalistique, la première page du quotidien le
confirme : « Lille tient le choc ».
Mesdames, messieurs, la diatribe suivante va choquer mais faut
arrêter de déconner.
Y’en a marre de tenir le choc, y’en a ras les roubignoles de se
gausser d’un match nul obtenu de haute lutte, ç’en est à braire de lire,
écouter, regarder, ses autosatisfactions navrantes de Lille qui accroche le
Milan AC.
Rappelons l’objectif d’une compétition dans un milieu sportif
professionnel et qui plus est perturbée par les données financières
trébuchantes : gagner.
Non, Môsieur, Lille ne doit pas être content de faire un nul à
la maison, surtout après avoir décroché un même nul encore plus nul à
Anderlecht il y a quinze jours.
Non, Môsieur, ce n’est pas bien d’être content de ne pas avoir
perdu. Il ne s’agissait pas de contrôler le match mais d’aller chercher les 3
points dans ce mini championnat à 6 rencontres.
Non, Môsieur, la France n’a pas à être heureuse car il faudra
bien que ses clubs comprennent qu’ils ont changé de statut, qu’il y a eu bien
des occasions de remporter ces compétitions européennes depuis 15 ans, que la France
a été championne du Monde et vice aussi, championne d’Europe aussi ces 8
dernières années, que les clubs nationaux, s’ils le veulent doivent terminer
dans le dernier carré de chaque Coupe d’Europe.
Il est tellement bavasser que les autres championnats majeurs
sont les plus forts que nous sous-estimons nos équipes.
Lille et Lyon ont la stabilité du haut niveau depuis quelques
années. Ils doivent des résultats, le contraire serait une faute professionnelle.
Ah oui mais les autres clubs richissimes sont meilleurs, avec
les moyens, les joueurs, le dopage non contrôlé, les intérêts fiscaux, les
dessous de short des arbitres…
Ah non, car comment Paris aurait pu un jour trucider le Real
Madrid 4-1, comment Bordeaux aurait pu éliminer le grand Milan aussi 3-0,
comment Marseille aurait gagner contre le Milan encore, comment Lyon aurait
reporté nombre de ces dernières rencontres contre la Lazio, l’Inter…, comment d’autres
victoires appelées « exploits » ?
Mais les statistiques prouvent qu’un club français va gagner qu’une
fois sur dix à cause justement des paramètres structurels et financiers des
clubs.
Mais tu sais ce que je leur dis aux statistiques aussi fiables
qu’un sondage ?
Attendez un peu que je m’occupe de la prochaine élimination de
Lyon en quart de finale au printemps 2007 parce que ça va bien d’écraser avec
la manière le Real Madrid, de pulvériser des roumains dans leurs roulottes mais
qu’en est-il réellement en terme d’efficacité de résultats ?
Si je comprends bien la culture française de la victoire, nous
avons toujours cette historique tunique de l’outsider.
Alors si Lille n’est là que pour participer, qu’elle laisse la
place à d’autres clubs qui se donneront les moyens de leurs ambitions.
Si je tenais cette andouille de Coubertin qui continue de faire des émules et des mules aussi…
25 septembre 2006
J moins 31 (part 2)
Pendant que Monaco prenait la place de Nantes au fond du
classement, Lens se plaçait comme dauphin de Marseille dans le championnat bis
de Ligue 1.
Le championnat majeur étant déjà joué et remporté par Lyon.
Si ce n’est pas malheureux de voir des monégasques empêtrés dans
une saison déjà morne où la préparation de la suivante commence l’automne de la
précédente.
La Ligue 1 fait bon usage des espoirs de Toulouse, Nancy, Le
Mans, bien installés dans les six premiers. Pardon, cinq premiers, il y a Lyon
à sortir de la liste.
Nantes a logiquement et avec la manière remportée sa première
victoire grâce à une Marseille empruntée et à cours d’énergie, à en voir le
premier faux match de Ribéry.
Doit-on réserver cette bonne prestation à Georges Eo, calife à
la place du calife sur le banc de l’équipe première depuis quelques jours après
avoir été dans l’ombre de plus teigneux entraîneurs canaris ?
Un bon déplacement de Nantes à Auxerre la semaine prochaine en
dira plus.
Marseille a fait illusion pendant 6 journées.
Cela a permit aux journaux de s’en faire des feuilles de choux
gras.
L’OM n’est pas encore la machine à vaincre lyonnaise mais joue
mieux que bien des années précédentes.
Le faux pas, le non-match de la Beaujoire sera peut-être qu’une
anecdote dans la saison si les olympiens jouent sur leurs valeurs.
Revenons sur le Rocher et au Parc.
Je n’ai plus souvenir d’une haute lutte entre clubs majeurs où
Monaco, Marseille, Paris, Bordeaux, Auxerre, Lyon, allez, Lens et Nantes, se
battent dans les 6-7 premières places de concert.
Il y en a toujours à la traîne qui déçoivent tous les ans comme
si le gâteau ne pouvait être partagé en autant de gros morceaux.
Ce n’est pas le problème récurrent de Lyon pour lequel JM Aulas
souhaite l’entrée en bourse.
La méthode française sera-t-elle le bon exemple pour nos
voisins européens qui auront laissés perplexes et sans le sous les petits
porteurs avec des actions ayant perdu toute valeur ?
Avec notre DNCG, nous aurons peut-être l’outil de contrôle
suffisant.
Abattu je suis par les lyonnais qui gagnent sans qu’il y ait
quoi que ce soit à raconter contre eux.
Rigolons-un brin avec le feuilleton de Dhorasoo.
(quelque chose me dit qu’il veut faire une sérieTV de ses
aventures)
24 septembre 2006
J moins 31 (part 1)
Lyon 4-1 Lille
Lille avait beau être annoncée comme la bête noire de l’OL,
forte de ces quatre dernières victoires en autant de matchs, les nordistes
n’ont pesé qu’une seule mi-temps dans la balance.
Une raison pour que Lyon ait été soulagé du tour de Coupe de la Ligue de cette
semaine ?
Le regard du non supporter de l’un ou l’autre ne savait où se
porter à la mi-temps.
Pour Lyon ? Mais ils gagnent tout le temps.
Pour Lille ? Mais que vont-ils faire ensuite en Ligue des
Champions l’année prochaine ? Quelques petits matchs nuls et puis s’en
vont avec les sempiternels regrets.
Bref, un bon match nul 8-8 et nous n’en parlions plus.
Trois buts en vingt minutes et Lille était étouffé.
Finalement, seul Guy roux fut distrayant comme commentateur
militant contre l’esprit du corps arbitral. Enfin, militant sauf quand il en a
un face à lui.
Il sait tourner son maillot bourguignon avec le vent, critiquer
les avalanches de cartons donnés depuis la première journée (moyenne supérieure
de 8 par match), l’absence de l’esprit du jeu dans les décisions et vanter
Alain Sars : « La voix du maître a parlé », « Non pas
de débat, c’est à l’arbitre de décider ».
Evidemment, le commentateur made in Canal+ avait bien lancé Guy
dès le coup d’envoi après que la caméra se soit attardée sur un David Douillet
rigolard : « Guy Roux a fait rire David Douillet grâce à sa nouvelle
saillie ».
A noter l’analyse technique : « Je crois que Cris a
pris une gifle avec le pied de Keita ».
Nice 2-0 Valenciennes
Continuons de parler de l’arbitrage. C’est Guy Roux qui a
commencé après tout.
22’
Centre du pagayeur Vahirua, prolongement au deuxième poteau de Moussilou, volée
de Koné, tête de Varrault et but. Le ballon entre et ressort avec le regard
bienveillant du corps arbitral.
Il est vrai que donner un carton rouge pour coup franc sifflé
trop tôt est plus judicieux que de valider un but.
Les niçois, assommés par le manque de réussite, les poteaux de tous bords ne savaient plus quoi faire lorsque le facteur chance décida de faire changer la mouche d’âne.
85’
But de Varrault suite à une action confuse.
90’Penalty de Bellion suite à une faute injustement sanctionnée (2ème
erreur principale du match).
Bordeaux 2-1 Troyes
Sans Micoud mais avec Dalmat, Bordeaux n’a joué qu’une mi-temps
et ce fut suffisant.
Bonne nouvelle prestation du brésilien Wendel.
A noter l’explication technique de Mavuba sur la communication
avec son néo-coéquipier Wendel : « Wendel marque donc il a bien
compris le français ».
Certes, est-ce une condition, une cause, un effet, sujet à
traiter en trente minutes sur une demi page.
Auxerre 2-2 Sedan
« Pedretti revit auprès de son père spirituel, Jean
Fernandez » dit le volontaire commentateur de la chaîne cryptée.
Tout le monde convient donc que le parallèle entre la bonne
passe d’Auxerre et l’arrivée de Pedretti a bien quelque chose de mystique.
En attendant, les largesses défensives de l’AJA ont permis à
Sedan de ramener le nul de Bourgogne.
A noter un but de 3-1 pour Sedan refusé sur une mauvaise
appréciation de hors-jeu de l’arbitre.
Entre un score de 3-1 qui assurait presque la victoire pour
Sedan et un finalement un match nul…
PSG 0-0 Nancy
Nul mérité de Nancy face à une indigente équipe parisienne.
Seul fait intéressant, le chassé croisé de Dhorasoo et de son président
suite à l’article du cameraman dans l’Equipe ‘Je me sens humilié’
Mais, Vikash, mon gars, ça se voit que tu n’es pas supporter de
Paris pour ne pas être humilié d’avoir payé ton abonnement pour voir une
pseudo-star jouer un match sur dix à son niveau et réclamer une place de titulaire.
Et puis, pendant que j’y suis : je n’ai jamais supporté ta coiffure. Pour un
peu, Coupet serait plus fun sur ce point.
Aussi :
Le Mans 2-2 Sochaux
Toulouse 0-0 Lorient (c’était la 200ème en
Ligue 1 de Steve Marlet et cela suffisait amplement à l’évènement de cette
rencontre)
Rennes 0-0 St
Etienne
Note technologique : le Stade Rennais a offert à 12000 de
ses supporters un petit émetteur radio leur permettant de capter les
commentaires du match ainsi que l’évolution des scores des autres matchs en
direct.
Durée de vie : 90 minutes et on jette.
Question : à part pour apporter du grain aux usines de
recyclage de produits électroniques, quel intérêt sachant que n’importe quel appareil
radio-mp3 permet aujourd’hui de capter RMC, RTL ou Europe 1 ?
A suivre : Lens – Monaco
Nantes - OM
21 septembre 2006
La potée ose du succès (proverbe auvergnat)
Tout s’est déroulé le soir.
Il suffisait de rentrer du travail à une heure indue, proportionnellement
au salaire versé et d’ouvrir son courrier incidemment pendant que les nains finissaient
d’asperger les murs de la cuisine de grains de riz.
Dans ce sachet plastique gris bleu, il y avait ma revue du mois
de septembre. Ma préférée de part son contenu.
Je la déplie avec délicatesse et la porte sur le lit conjugal
pour la lecture d’avant sommeil.
Les trépidations de ma vie m’ayant poussé à éplucher deux
oranges, manger un melon et regarder les premiers épisodes ternes de la
nouvelle saison d’Urgences, je m’en allais, claudiquant vers ma couche.
Je lisais un bout de Science&Vie pour me donner bonne
conscience puis attaquais avec satisfaction mon magazine.
Je feuillette, lis les titres des articles en diagonale, m’arrête
sur un dessin et reviens à l’édito.
Je continue la page et tombe les yeux ébahis sur ces mots que je
connaissais.
- Ben c’est pas vrai ! C’est dingue ! Hé regarde chérie, regarde, mais regarde que je te dis ! » Dis-je en attrapant un coin de son tee-shirt chemise de nuit informe et en le secouant vigoureusement dans tous les sens que la décence permet.
- ‘gad’ donc ! C’est moi, hé, c’est moi ça ! T’as vu,
ils ont publié un truc que je leur ai envoyé ! Oh ben dis donc »
Je passe le journal à la mère de mes enfants qui se fatiguait à
lire deux Bernard Werber à la suite, je lui montre du doigt le passage et relis
par-dessus son épaule avec quelques pouffements de contentement.
J’attendais sa réaction.
- Consternant, c’est consternant.
- Ah oué, t’as vu c’est vraiment moi, rho dis donc, c’est ma
première publication ! Et en plus ici !
- T’as vu que c’est dans la rubrique des lecteurs intitulée :
« On a vraiment reçu ça » ?
- Hein ? quoi, oui, mais bon. Dis donc.
Je reprenais le magazine pour relire une nouvelle fois ces mots
glissés dans la boite à message de leur site.
Je secouais frénétiquement les jambes, m’asseyais, me
rallongeais.
Certes, je remuais la cuisse droite avec plus de difficultés
que la gauche à cause de l’entraînement de mardi soir où j’ai poussé mes
muscles dans les derniers retranchements de cette reprise sportive.
(Je ne disais pas à ma dame que, comme quoi, il y a bien des
moyens de se secouer la cuisse sans elle).
Je repensais à ce mot : consternant. Et en fait, j’en tire
une fierté particulière. Si. Une fierté assez proche de la perfection morale.
Si.
Donc, courez acheter Les Cahiers du Football n°28
Si vous voyez une histoire de fer à repasser sur la première
page, vous saurez.
Je m’excuse par avance de la faible portée de ce blog sur l’explosion
des ventes du mois, voire de la possible influence négative.
Avec un peu de recul, je m’aperçois que cette note est également
consternante.
C’est important de maintenir l’effort et de confirmer.
18 septembre 2006
J moins 32
Valenciennes 1-0 Nantes
Le Dizet a toujours la confiance du président Roussillon. Il y
a des agonies moins longues à Guantanamo.
L’équipe attend le déclic qui lancera la saison.
Dans le Père Noël est une
ordure, Anémone conseille aussi à un suicidaire d’appuyer sur le bouton.
St Etienne 2-3 Auxerre
Le réveil de l’AJA correspondant à l’arrivée de Pedretti est
troublant.
Derniers matchs des verts : 3-2, 2-2, 2-3. Ont-ils une
bonne attaque et/ou une mauvaise défense ?
Nancy 0-0 Rennes
L’entraîneur nancéen Pablo Correa n’était pas sur le banc car
il passait ses diplômes d’entraîneur à Clairefontaine. Comme il avait fait le
dernier tour de stade en plus d’une minute, il était de corvée de chiottes et sa permission a été suspendue.
Ils ne rigolent pas à Clairefontaine. En attendant, Nancy est 4ème.
Rennes a joué 1h15 à 10 suite à l’expulsion de B Cheyrou.
Premier carton jaune à la 14ème sur une action dangereuse puis le
second une minute plus tard en jouant trop vite un coup franc. Sûr que
l’arbitrage gagne en intelligence en ce moment. Alors que des tibias se
transforment en cure-dents sans avertissement, des joueurs se font encore
expulsés parce qu’ils jouent avant le coup de sifflet de l’arbitre divin. Mais
que fait la police ?
Sochaux 0-3 Lens
Le match commence dans une pataugeoire digne d’une plage de la
baie de Somme cinq minutes après le passage de la marée. C’est ainsi que
les lensois, plus habitués aux conditions extrêmes ont balayé les sochaliens
chez eux.
A noter que le casque de mineur rouge et sang protège aussi le
supporter nordiste de la pluie, si ce n’est pas une preuve de l’évolution
darwinienne en conditions météorologiques ?!
Sedan 1-2 Le Mans
Les sangliers sont toujours à la recherche de leur première
victoire. C’est bientôt la saison des truffes, les espoirs sont permis.
Si j’osais, je dirais que les manceaux ont fait des belles
rillettes avec les sangliers ardennais.
Lorient 1-3 Lyon
Lyon a gagné. Sans blague ? Non, ce n’est plus drôle.
Lille 1-3 Toulouse
Les lillois ont payé le turn-over de Claude Puel suite au match
de Ligue des Champions de mercredi.
C’est tout.
A Toulouse, il n’y a toujours pas de Fabien Barthez.
Troyes 2-0 Nice
Les niçois réalisent l’exploit le plus impressionnant de ce
début de saison en étant plus mauvais que les nantais.
Avec l’automne et la grippe aviaire qui approche, nous ne
pouvons qu’être pessimiste pour les aiglons et canaris.
Monaco 1-2 PSG
L’ASM va plus mal que Paris.
Mario Yepes n’a pas provoqué de penalty. Doit-on y voir un
rapport avec le fait qu’il soit entré en jeu à la 87ème
minute ?
Guy Lacombe vient de gagner son premier match à l’extérieur
depuis ses débuts parisiens. Si ce n’est pas malheureux que Dhorasoo ait été
envoyé en CFA pour l’occasion, il n’aura pas pu immortaliser l’évènement avec
sa caméra super16.
A noter les fautes répétées de Bolivar, brésilien comme son nom
de l’indique pas, dans la surface en s’acharnant sur les maillots parisiens.
Mais que fait Stéphane Bré ?
Ah pardon, l’arbitre était Stéphane Lannoy. Donc, ce n’est pas
lié au prénom.
Nous continuons d’essayer de comprendre les motivations de Bré,
prénommé ‘sifflet agile’ dans les hôpitaux spécialisés lorsqu’il use de son
instrument de musique.
Marseille 2-1 Bordeaux
Les caméras de Canal+ se sont tout d’abord attardées sur les
prières d’avant-match des joueurs, sans doute histoire de prouver que quelques
joueurs de foot pratiquants pouvaient se montrer plus civilisés sur un terrain
que de quelconques extrémistes sur des paroles maladroites de pape.
Dans le match, Pagis, après avoir recompter ses dents suit à un
tir de Ribéry (3’)
a marqué un magnifique but des vingt mètres entiché d’une légère position de
hors-jeu (49’).
C’est à ce moment là que le romantisme de Claude Le Roy s’est exprimé pour
démontrer qu’un beau but est au dessus des règles.
Six minutes plus tard, un concours de circonstances (Cana faisant une obstruction perfide sur Mavuba qui sortait du mur pour contrer le tir) permit à Taïwo d’envoyer une mine le long du poteau gauche de Ramé.
A noter la lueur d’intelligence du nigérian à ce moment du
match ayant abouti à une freinte de frappe sur son coup-franc. Ses habitudes de
rampe de lancement à ballon exocet dans les tribunes ne nous avaient pas
habitué à cela.
Mais le but aurait du être refuser à cause de la faute de Cana.
Neuf minutes plus tard et un penalty justement accordé
permettait à Bordeaux de rester dans le match.
A noter que le tir au but aurait dû, selon les règles de
Stéphane Bré, être retiré. Comme tous les penalties de Ligue 1 et d’ailleurs.
Malgré de bonnes intentions, les bordelais ont éprouvé de
grandes difficultés à prendre le jeu en main et à contrer les quelques
accélérations de Ribéry. Micoud est encore d’une
transparence à inquiéter Casper le gentil fantôme. De ce fait, l’OM n’a
pas eu à forcer les talents démontrer la semaine dernière au Parc des Princes.
Deux équipes en tête et 5 points d’écart avec le 3ème.
Le trio de reléguables potentiels Sedan, Nantes, Nice, n’a
toujours pas gagné.
13 septembre 2006
A la découverte de son corps
A l’instar de c4l1m3r0 et de cette résolution à la $£*%§!# de début d’année, j’ai repris le sport.
Dix années écoulées depuis un dernier entraînement et encore,
il s’agissait de la plus basse division existante en amateur et parmi des
djeunz fous et rebelles qui parlaient mal.
J’en étais à mon cinquième abdominal, fracassé dans l’herbe
humide de rosée d’un soir picard, au bout d’une heure trente déjà, tenu par les
chevilles par une autre victime, que j’étais sûr de mon fait : ne
fallait-il pas être idiot de souffrir pour être beau ?
D’autant que génétiquement, je suis bien assez beau pour la famille.
Je me roulais alors sur le côté, trempé de pied en chasuble jaune
fluo et de sueur, une barre me coupant en deux, juste sous le diaphragme.
J’avais donc encore des muscles, là, dessous, sur ce qui me
sert de repose verre en position assise.
Après les quatre ou cinq tours de double terrain en trottinements
(je ne sais plus combien, j’avais déjà perdu ma lucidité), je cherchais mon sixième
souffle lorsque le coach parlait, au loin, qu’on allait maintenant travailler
le physique.
Si j’avais su, je me serais trouvé une excuse en fumant ces dix
dernières années.
Parmi tous ces jeunes et moins jeunes gens que je ne
connaissais ni d’Eve ni du protège-tibia, je me retrouvais alors un duo ou trio
de Star-academicien pour réciter les gammes.
En avant, en arrière, avec le ballon, en mouvement, des passes,
une touche, deux, avec contrôle, tête, demi terrain, on alterne. J’alternais
mon souffle sur chaque poumon en espérant qu’il m’en pousse un troisième.
L’obligation morale d’un entraînement en groupe, surtout avec
des personnes que tu ne connais pas vraiment, c’est de faire bonne figure,
question de réputation à venir, de tenue de place et fierté mêlée d’orgueil
personnel.
Alors je continuais, bêtement, parce qu’à ce moment là, je ne
réfléchissais plus. J’étais en mode militaire où j’appliquais les consignes en
concentrant tous mes globules rouges à l’action musculaire.
Les gouttes ruisselaient sur mes lunettes et rafraîchissaient
mon visage pivoine.
Je causais pendant une minute de pause avec un gars qui avait l’air
en forme pendant que j’étais toujours en formes, il devisait sur l’importance
du plaisir en catégorie vétéran, sur la satisfaction d’enchaîner des passes
plutôt que de chercher dans un esprit limité et agressif la victoire en match.
Je me taisais sur l’absence totale de plaisir que mon état physique
me causait.
Il faisait nuit lorsque la séance de sprints débuta. Je découvrais de plus en plus de ces muscles qui ne font pas bobo habituellement. Je priais
pour que cela s’arrête, rentrer chez ma mère, aller aux champignons ou rêve
ultime, m’avachir sur le canapé en regardant Galatasaray – Bordeaux en Ligue
des Champions.
Je constatais que je suais des jambes. J’avais oublié que je
pouvais suer des jambes. C’est très étrange de constater que je me vidais par
tous les pores de la peau. Je
fuyais littéralement.
L’opposition finale en six contre six sur un demi terrain m’acheva,
me porta au bord des crampes. Les étirements nécessaires de fin d’entraînement
clôturaient les deux heures.
Dimanche, c’est le premier match de la saison. Je dois encore
faire mes preuves aux prochains entraînements pour gagner une éventuelle place.
Conscient de mes qualités intrinsèques, je compte bien réussir dans mon
entreprise et imposer les parties de Playstation dans les vestiaires.
Le lendemain matin, aujourd’hui. Ça va. Ma température corporelle
est revenue dans la moyenne et je peux me mouvoir malgré quelques douleurs.
Après avoir travaillé ma résistance alcoolique pendant dix ans,
il me faut persévérer pour être irréprochable au prochain week-end beauf du
printemps prochain.
Aie, bobo.
11 septembre 2006
J moins 33 (part 2)
Toulouse 2-2 Nancy
Etonnants nancéens qui ont dû faire chauffer la casquette d’Elie
Baup. Jusqu’à deux minutes de la fin, ils emportaient les trois points de la
victoire.
Fait du match : un adjoint de Baup porte une casquette très
semblable à celle du coach. Est-ce un signe de reconnaissance ou une casquette
de secours ?
PSG 1-3 OM
Ah ce PSG – OM ! Attendu au point Canal+ y met les
bouchées doubles avec Zidane. Bien entendu, les commentaires people de la tribune
présidentielle ne sont pas oubliés avec Bruel (il est des soirs où nous voyons
Julien Clerc et Enrico).
Apprécions le moment tragique de Stéphane Guy lorsqu’il diffuse
les adieux de Zidane au football au Real Madrid avec humidité oculaire
et qu’il croit bien d’ajouter : « Nous gardons en mémoire cette
sortie là ».
3’ Le match part sur de bonnes bases avec une simulation de Frau dans la surface alors qu’il lui fallait simplement passer au centre à un Pauleta esseulé.
6’ Tirage de maillot de Yepes, et Zubar s’écroule. Après les deux penalties sifflés contre lui à Sochaux, jamais deux sans trois. Niang devra marquer deux fois pour se faire valider le but.
Stéphane Bré, l’arbitre, veut voler la vedette aux onze
acteurs, il suit donc une logique bretonne avec autant de nuance qu’un tacle de
Cyril Rool. Selon les consignes, il doit donc signaler toutes les fautes dans
la surface, enfin, celles qu’il juge ou voit.
C’est ainsi qu’à sa réaction zélée de la sixième minute s’ajoute
un nouveau coup de sifflet dans la surface marseillaise à la 22ème. Pour
ne pas faire deux poids deux mesures dans ces interprétations douteuses, Bré
fait tirer le penalty également deux fois de suite, heureusement pour Pauleta qui
avait raté sa première tentative.
Guy Roux pouvait contester les décisions arbitrales, lui qui d’habitude
ne sifflerait pas sur une fracture du tibia si le tacle est réalisé dans l’esprit
du jeu.
Monsieur Bré, je dis Monsieur sinon, vous me donneriez un
carton pour insulte, votre analyse du football est devenue aussi fine qu’une réaction
de Mourinho. Appliquer les règles avec discernement vous oblige à une totale
équité et justesse, ce qui n’est pas le cas.
Passons sur les erreurs de jugement exagérées de deux penalties
sur lesquels vous pourrez constater que les deux équipes sont restées relativement
sobres (en fait abasourdies). Sachez que si Barthez était encore là, vous
auriez pu vous faire cracher dessus pour moins que ça.
Attardons nous sur l’envahissement de la surface au moment du
tir.
Tous les penalties du match (5 tout de même) ont donné lieu à
des mètres d’enjambés illicites, d’envahissement de la surface au moment du tir,
donc il fallait faire retirer jusqu’à l’immobilité totale, ce que vous n’avez
pas fait.
Donc, votre degré d’exigence a des limites incompatibles avec
la perfection que vous prônez.
Monsieur Bré, si vous voulez être indiscutable, sachez que le
spectateur a droit de regard également.
De plus, vous noterez que Pauleta a effectué un temps d’arrêt
sur son second tir au but, ce qui est formellement interdit. Allez, Monsieur
Bré, nous aussi, nous allons y aller des règles strictes.
Fait de match : Ribéry est chronométré comme un
sprinter à 25 km/h
en première mi-temps et 28,38
km/h en seconde mi-temps. Bientôt, la Ligue imposera des
vitesses limites avec radars automatiques sur ligne de touche et vérification
par arbitre breton.
La justification de l’augmentation de l’abonnement de Canal+ cet été se trouve dans ces analyses techniques plus fines : distances parcourues en temps réel par les joueurs, vitesse de courses, température annale en direct, volume de sécrétion de pipi à chaque analyse pour dopage.
Second fait de match : Jean-Paul Belmondo est
encore vivant, nous l’avons vu.
Sémantique sportive de Paganelli : « une
sanction administrative de couleur jaune ». C’est Paga, fais pas ton
Stéphane Bré, tu peux dire simplement biscotte,
nous comprenons.
66’
Enfin un vrai péno signalé par Bré sur un fauchage en règle et en moissonneuse
batteuse, double lame en avant de Yépès, décidément, très en forme. Ribéry a
amené l’action sur d’énormes accélérations laissant dans le vent la défense
parisienne.
Paga en rajoute : « Ribéry est à peine essoufflé »
Tiens marrant, en le voyant respirer en cherchant de l’air, j’aurais pensé l’inverse.
Nasri, 19 ans, marque en deux temps (mais sans intervention de
Stéphane Bré).
75’
Assommés, les parisiens laissent Lamouchi intercepter une balle et partir au
but. C’est dire s’ils sont perdus.
Bel arrêt de Landreau, corner et sauvetage sur la ligne. C
84’ Faute non sifflée sur Niang dans la surface. « Mais il est où, mais il est où, mais il est où Stéphane Bré ? » Nouveau chant de Guy Roux et Franck Sauzée dans leur loge.
86’ Idem sur un tirage de maillot. Pour une fois que Yépès pouvait se rattraper avec une faute sur lui… « Mais il est où l’arbitre… ? »
89’ Nouvelle accélération supersonique de Ribéry qui déborde et centre à Pagis démarqué comme le Mont St Michel de la côte. 3-1, la messe est dite comme dirait Thierry Roland un dimanche.
91’ José Anigo est interviewé. Nous pensons qu’il n’a pas dit de conneries malgré son état d’excitation avancé.
Conclusion donnée par Pauleta à la mi-temps : « L’arbitre,
y nous coumpliq lé foutbolle ».
Est-ce cela le football moderne Monsieur Bré, un coup oui, un
coup non.
Dire qu’il n’y a même pas eu d’échauffourées sur la pelouse ou
dans les tribunes.
A côté de cela, le match fut plaisant, très correct et la
victoire méritée de Marseille leur laisse espérer une place assurée dans les
trois premiers. Ont-ils retenu les leçons de leurs parcours irréguliers
précédents ?
Prochain test au vélodrome contre Bordeaux.
Pour Paris, tout espoir est permis puisqu’ils ont un début de
championnat digne de celui de l’OM l’an passé.
10 septembre 2006
J moins 33 (part 1)
Sur les pelouses des
9-10 septembre 2006 (environ)
Auxerre 2–1 Monaco (prononcez Ausserre –
Bière/limonade/grenadine)
Sur les deux équipes ratant quelque peu leur début de
championnat, seul l’AJA a un sauveur grâce au mercato. Il s’appelle Pedretti et
on lui donne toujours 15 ans.
Allez savoir s’il y a coïncidence ou non mais le club de l’Yonne
a gagné son premier match face à une équipe monégasque en rodage (faisez gaffe,
c’est déjà la 5ème journée).
A noter la bonne performance du polonais Jelen. Bölöni a une
bonne tête d’entraîneur qui ne réussira pas.
Lens 3–0 Valenciennes
Encore un derby du Nord avec des supporters chaussés de casques
colorés.
Lens, casqué de rouge et sang (origines espagnoles en plus,
allez comprendre) marque rapidement, ce qui leur permet de prendre
Valenciennes, casqué de rouge et blanc, en contre pour les n°2 et 3.
L’étiqueté meilleur public de France n’a pas quitté le stade en
cours de match, à la marseillaise, vu son équipe n’a pas encaissé de but (comme
à St Etienne).
Le Mans 1–1 Lorient
Deux buts déviés. Un sélectionneur japonais qui supervise le
manceau Matsui. Un peu de jeu et deux très bons gardiens.
Comment voulez vous résumer Le Mans – Lorient ?
A noter le choix (forcé ?) de Steve Marlet qui vient se
(re ?)lancer chez les bretons (après le Red Star, Auxerre, Lyon, Fulham,
Marseille et Wolfsburg).
Bordeaux 3–2 Nice
Nice ouvre la marque sur un ascenseur de l’attaquant sur les
épaules du défenseur (mais je suis le seul à l’avoir vu) et se fait siffler un
penalty sur une faute à la Harald Schumacher
potentiellement commencée à l’extérieur de la surface.
Il est donc possible d’observer un arbitrage à la lyonnaise sur
un autre terrain que Gerland.
Le match commence après trente première minutes aussi tristes
qu’une chanson de Phil Barney. Les deux équipes terminaient la digestion de
leurs défaites de la précédente journée (Lille 3-0 Bordeaux, Nice 1-4 Lyon).
Sinon, victoire tout à fait logique de Bordeaux où Micoud est
encore loin de son niveau de l’an passé. Nous cherchons encore la solidité
défensive bordelaise.
A noter que Claude Leroy n’aurait pas forcément valider le
penalty sifflé pour Bordeaux mais force est de constater que sa coiffure peut l’empêcher
de voir un tacle par derrière emportant veaux vaches cochons dans un couloir en
cas de coup de vent intempestif dans les tribunes (même ma femme dit qu’il
devrait faire quelque chose pour son look).
Rennes 2-1 Sochaux
Un superbe tir de Jeunechamp pour Rennes et une égalisation
édifiante de Sochaux sur la démonstration d’une grande panoplie de fautes
défensives bretonnes (passe en retrait non appuyée, mécompréhension de la
défense, absence de marquage, discussion du gardien avec les supporters).
Un bon penalty de Monterrubio permet aux joueurs rennais de ne
plus se faire traiter de sénateurs par leur président aimé (du verbe aimer, pas
Jacquet).
Sedan 2-2 St
Etienne
C’est donc vrai, les verts sont payés par Hidalgo pour faciliter
l’instauration du challenge de l’offensive (voir précédent match). Juste
faut-il leur dire qu’ils ne sont pas obligés de faire défense ouverte.
Cependant le doublé du sedanais Noro est remarquable.
Nantes 1-1 Lille
Serge Le Dizet est venu à la Beaujoire aussi
tranquille que pour un jubilé. Ses performances de l’Actor Studios n’ont
pourtant trompé personne. Il est rare d’affirmer son calme lorsque les
guillotines coupent ras. Il aura fallu une seconde mi-temps pour voir les canaris plumer
les lillois d’un nouveau succès.Ce qu’il ne faut pas faire : Comme Claude Puel à la fin du
match, reconnaître le travail effectué par son homologue et ses qualités. J’aurais
attendu un petit peu pour l’oraison funèbre, à ce jour, Serge est encore en
poste.
Lyon 2-0 Troyes
Tête de Cris sur un corner de Juninho.
Coup franc de Juninho (un petit peu dévié mais ça compte.
Gérard Houllier a fait jouer le héros astrologique de France – Italie
une bonne heure avant de faire rentrer Fred.
Govou a eu en plus une ovation d’avant match. Pas trop après
cependant.
Il est rassurant de voir que les choses reprennent leur cours
normal.
Donc, Lyon a gagné. C’était troyes.
A suivre pour Toulouse – Nancy et PSG – OM.
09 septembre 2006
Cherchons la faute
Dans la septième journée de Ligue 1,
il y Le Mans – Lorient, bon ok, c’est surtout PSG
– Marseille.
Quelle déception ! Pas une
polémique cette semaine, rien.
Les journalistes et les dirigeants de
club n’ont pas eu le temps, pensez-vous.
Le classico dans la même semaine que
le doublé de Govou ?! Il y a de quoi se faire effacer des lignes
éditoriales. L’Equipe commence tout
juste à réellement faire monter la sauce et vient de délaisser la partie
mystique du France – Italie de mercredi.
Mais que se mettre sous la dent
creuse ?
L’Equipe.fr traite des échanges de
joueurs entre les deux clubs dont le dernier fut très modeste.
Mais rien d’autre. Pas de paroles
plus hautes que d’autres. Même José Anigo se tait, même Fiorèse n’est plus là
non plus, il y aurait baleine sous gravillon que cela ne m’étonnerait pas.
Après des années d’infections d’ambiance,
les deux rivaux semblent avoir acheter une tenue de conscience. Il faudrait
bien quelques erreurs d’arbitrage, un pavé dans une vitre de bus, une boule
puante dans un vestiaire pour réchauffer les supporters.
Sinon, Canal+ ne s’attristera pas en
intégrant les jets de fumigènes dans leurs stats de match.
Pauleta : Tirs 6, Cadrés -2
Beye : Tacles 11, réussis 15
Fumigènes : Lancés 15, Blessés
57, Blessés graves 12 dont 2 du Kop Boulogne qui nettoyaient l’arme quand le
coup est parti.
Le résultat ne fait presque plus peur
tant la communauté du ballon rond tend à le dédramatiser.
Une défaite marseillaise et « ben
oui, de toute façon, une défaite à l’extérieur, ça nous arrivera, que ça soit à
Paris ou ailleurs » Habib Beye.
PSG – OM deviendrait-il un match
normal ?
Avec de vraies équipes, sans minots ?
Tout le monde arrêtera donc de s’offusquer
de la « parodie » de football du printemps dernier quand les jeunes
marseillais avaient décroché un match nul héroïque au Parc. Quoi qu’on en ait
dit, il s’agissait d’une configuration match de coupe entre un gros et un petit
poucet. Sûr qu’il n’y avait pas de grand spectacle, de dribble fou, de tir des
quarante mètres en lucarne opposée, mais c’était aussi ça le foot. Toutes les
semaines, sur les petits terrains à peine gazonnés, il y a plus de matchs comme
cela que de Lyon-Réal.
Désormais, les joueurs ne s’enflamment
plus autant qu’avant. Il était une époque vieille de dix ans où il fallait
savoir sauter à la corde sans corde pour traverser le terrain, où Ravanelli se
faisait des crocs en jambe dans la surface. Maintenant, pas un protège-tibia ne
se déplace sur les engagements.
Nous nous dirigeons vers un football
propre tenu par des arbitres aussi assermentés qu’un CRS de la porte d’Auteuil.
Vous pourriez sentir quelques regrets
dans ce calme apparent aussi éloigné de la réalité du supporter qu’un tacle de
Di Méco sur le ballon.
Le soufre que nous sentions au siècle
passé s’est évaporé, c’est pourtant mieux.
Que le meilleur gagne. Proprement.