Au crampon affûté

Digressions philosophiques et sportives

01 mars 2007

Cantona est-il un footballeur ?

Texte envoyé aux Cahiers du football pour leur concours cantonesque

Mon papa n’a jamais aimé Cantona.
Il aura même été jusqu’à prétendre que c’était une brèle.
Je lui rétorquais que, justement, il s’agissait pour l’artiste du football d’un hommage au chanteur. J’en profitais pour fredonner la chanson « Cantona que l’amour » et cela finissait de l’agacer.

Enfin, un artiste… Canto est-il un artiste ou sa notoriété l’a-t-elle formulée outrageusement tel que ?
Peintre ? Mon œil oui. Il ne manquerait plus qu’il fasse du cinéma.
Mais ne parlons pas du Canto et de sa carrière post-football mais de l’apport de sa carrière à ce sport chéri.
 

Lui qui aime tant le ballon, il l’a souvent desservi.
Mon papa disait de lui qu’il devait se faire interner. A cause de ses galipettes contre les supporters, de ses jetées de maillots, de ses coups de sang, de son flegme britannique sur le terrain pendant que ses coéquipiers s’échinaient à lui donner la baballe dans les pieds (juste dans les pieds, sinon, Canto ne s’abaissait pas à tendre les orteils).

Je répondais à papa que c’était un précurseur dans l’âme.
Zidane n’a-t-il pas récupéré grossièrement sa gestion des réactions épidermiques ?
Mika Pagis ne copie t’il pas ses presque dédaigneuses célébrations de but ?
Ses capacités d’invisibilité sur fond de pelouse verte ne réveillent-elles pas des vocations chez nos meilleurs joueurs de Ligue 1 ?
Et ses jeux de phrases n’ont-ils pas inspirés Barthez lorsque le gardien chauve joua au lama contre un arbitre, rien que pour embêter métaphoriquement Bernard ?

Par son refus de s’adapter aux règles établies, Canto rejetait ainsi son éducation traumatisante vécue sur les bords de l’Yonne quand son Guy Roux lâchait ses chiens et ses Diomède sur les faiseurs de bazars nocturnes.  Qui pourrait donc le lui reprocher ?

Qu’a-t-il apporté finalement au football ?
Une frappe sans effort des 20m en lunette anglaise après laquelle il fait face au public en levant les bras au ciel, comme dans un ralenti d’un film de gladiateurs, homme haranguant la foule tel un empereur romain dans son Colysée.
Un col de maillot remonté pour marquer sa différence comme Rothen est capable de le faire pour faire oublier ses performances.
Un français nommé, sur le terrain de la fourbe perfide Albion : homme de Manchester pour un siècle passé.
Une confiance pour tous les futurs ex-expatriés mercenaires du football.
Des publicités lucratives pour celui qui dénonçait le système…
Des mouettes.
 

Essayons encore de parler football.
Alors qu’il ne participait même pas au jeu… Le bougre.
Cela ne lui était pas nécessaire pour se rendre évident. Sa compétence aigue de la transparence pourrait rendre jaloux Micoud, dernière cuvée bordelaise. Ne voit-on dans le port altier de Johan une descendance filiale au port de balai dans le fondement de Cantona ?

Pourtant, Canto, c’était l’éclair de génie dans le brouillard britannique, c’était le luxe d’un contrôle supra technique et d’une vision rayonnante illuminant 90 minutes de tacles anglais et boueux, virils mais corrects (enfin, tous les tacles qui, à l’époque de Canto, ramenaient la trajectoire des crampons sous la rotule étaient jugés corrects).

Toutefois, il n’était pas difficile de trouver Cantona extraordinairement possédé par le démon brésilien lorsqu’il n’avait en face de lui que des défenseurs génétiquement modifiés par le faible patrimoine de Tony Adams.
Canto a su être là où il fallait, quand il le fallait.

Comment sa patrie d’origine pouvait-elle le reconnaître comme fiston footeux après ses frasques nationales et son exil ?
Par l’unique visionnage de ses exploits grands-bretons dans L’Equipe du Dimanche ? Impossible.
Il devait donc repasser par la Manche d’un maillot bleu pour exister. Lui qui portait si bien le rouge de MU, il devait faire sa mue avec le drapeau tricolore.
C’est alors que le bas blesse.

A l’instar de Ginola, peut-on lui pardonner un jour d’avoir participer au match du 17 novembre 1993 ?
Pendant que son laxisme comportemental rejaillissait sur toute une équipe maudite, Kostadinov transformait le Bernard en ermite de cage.
Il appartient à cette génération que nous voulons oublier, qu’Aimé a su oublier pour construire son Mondial franco-français cinq ans plus tard.
Depuis Fontaine, en passant par Platoche, puis la bande à la Desch’, la France ne reconnaît ses fils que par le maillot bleu. C’est celui qui transcende un joueur moyen bon en très bon (sauf Karembeu en 1998 mais l’exception…).
Cantona ne sera donc que ce mercenaire épileptique aux gestes insensés et encensé en Angleterre.

Au bout du compte, quel faible palmarès pour un joueur porté par une telle aura.
Une coupe de France Montpelliéraine, deux titres de Champion de France marseillais (pour seulement 40 matchs joués en 2 saisons), 5 titres de Champion d’Angleterre (Leeds et MU) et quelques coupes anglaises. Enfin, c’est l’Angleterre…
Rien en Europe. Rien avec les bleus.

Canto est-il d’ailleurs un joueur de foot d’ailleurs ?
Mon papa saurait quoi répondre à cette question. D’ailleurs, père pense que tous les footballeurs sont des touristes pleins d’argent qui ne justifient même pas leurs salaires sur un terrain. Il a des idées novatrices à ce sujet, mon papa.
Cantona me fait rire, il reste atypique et c’est son souhait. Sans doute. C’est son jeu. Sans doute aussi.

Malgré tout.
Il n’empêche qu’en tant que footballeur laborieux du dimanche matin, je hais ces faux sportifs qui trottinent tout seuls, attendent le ballon et marquent des buts impossibles, qui friment par facilité en usant d’une philosophie de bulot.

Tout à fait ce genre de coéquipier pénible à se taper la malléole sur le front mais …qu’il vaut mieux avoir dans son équipe.

 

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20 février 2007

FF, nouvelle version

Propos d’une clarté tout relative. 

France Football est mort, vive le Roi ! Ou l’inverse. Avec ces journaux monopolistiques, nous ne savons plus très où nous en sommes.
Tout du moins s’agit-il de la version 4 de la bible du sport chéri, une mise à jour nécessaire selon l’édito pour ce journal soixantenaire.
La mise en page a été modifiée, les pages de brèves news ont disparu au profit d’articles plus clairs et sans doute plus intéressants que ces listes minimalistes AFP aux allures de petites annonces où nous pouvions attraper le curriculum vitae de Rothen pour son futur club ou la braderie olympienne des jambes de bois de Cissé (Djibril le Cissé, ne mettons pas toutes nos acidités sur le même club).

Fi d’un avis quelconque sur la nouvelle mouture qui offre des ballons d’Or à n’importe qui puisque tous les goûts sont dans les pelouses.
Force est de constater, cependant, que FF a repris la rubrique culturelle des Cahiers du Football tant convoitée. Cela vaut un procès et une interview par Jean Edernalier ou Gérard Houllier, bref, un philosophe d’aujourd’hui. 

Il aura donc fallu soixante ans pour que la presse officielle comprenne qu’un lecteur de France Football n’est pas qu’un vétéran du dimanche matin et de troisième mi-temps (preuve vivante à l’appui sur simple demande par courrier avec fourniture d’un timbre surtaxé pour colis de plus de 80kg). 

Ah la belle page culturelle où nous apprendrons tout sur le tricotage des maillots en peaux de léopards tamisés des Ardennes et sur la vie sexuelle du sportif après un match (ce qui est, convenons-en, fort difficile, si le match fut déjà physique –mais correct-). 

L’édito du jour affirme une nouvelle fois la place prépondérante du canard (quelquefois des WC) dans le monde du football, sorte de référence pour les footballeurs, les supporters et la presse professionnelle elle-même qui n’hésite pas à s’auto-louanger.
France Football et L’Equipe. Le tour est fait, et sans dopage littéraire. 

C’est donc sans grande surprise que j’acquière la nouvelle formule de FF à l’aube des vacances (il faut bien vivre comme dirait Thierry, surtout lorsque Madame conduit et que la route des cimes n’est pas encore en vue – tout le monde sait que les dames n’aiment pas conduire en montagne-).
J’achète FF en congés, comme L’Equipe lorsque je me sens zélé ou le temps est vraiment irritable. 

Donc, FF est inévitable.
Sauf une fois par mois avec les CdF. En fait, même pas car les CdF étant alternatifs, ils ne servent pas la même cause. Heureusement. 

Si les autres revues/journaux sur le sport/football n’arrivent pas à s’installer sur le même créneau de la presse écrite que L’Equipe et FF, c’est qu’il y a bien une raison : le copier-coller ne marche pas face aux dinosaures qui s’autoregardent dans la glace et se congratulent humidement, comme un soir d’automne sur les bords de l’Yonne. 

Quelle autre presse, décalée, d’un regard différent, aurait sa place quotidiennement en France ?
Il n’y en a pas. 

Il ne s’agit pas de passer aux Cahiers du Football de la pommade qui chauffe avant les matchs sur les cuisses et les mollets un dimanche matin d’hiver (que ceux d’entre vous qui n’ont jamais essayé la pommade Musclor me jette le premier crampon de douze vissé) mais je m’interroge sur la capacité de faire, de concert, qualité et quantité en presse.

L’article de L’Equipe qui fond son encre sur nos doigts moites n’aura jamais la profondeur de champ d’un des paragraphes des Cahiers. Question de temps pour fabriquer un texte. 

Tout du moins ose-je inventer cette excuse pour m’abreuver des banalités mille fois exprimées (chaque semaine de chaque année) dans les passages de FF.
Parce que vous n’allez pas me dire que FF et L’Equipe font exprès de resservir la soupe sans effort ?
Bon, à part parce que les gars comme moi collectionnent quand même les éditions pendant les grandes compétitions malgré leurs désuétudes.
A part ça ? Hein ? 

Alors est-ce possible d’être alternativement volumétrique dans l’inventivité ? * 

Fabrice Lucchini disait lors d’une publicité diffusée sur une station libre : « Rendez-vous compte qu’il y a des gens qui analysent le sport ? »

Ben oui. Mais le font-ils bien ?
La nalyse ne peut se faire qu’
épidosi édopi épisodiquement avec qualité (par exemple après un match de l’Equipe de France) et avec humour et pas, chaque jour, après ces milliers de confrontations poilues qui courent les pelouses mondiales chaque jour.

Si L’Equipe a encore cette excuse du travail dans l’urgence, FF ne l’a presque pas : un bi-semainuel n’est pas un quotidien.

Ou alors s’agit-il d’une ligne éditoriale qui se veut volontairement fade et dénuée d’humour corrosivement farceur ? 

Donc, FF, malgré la forme, ne change pas le fond.
Et dire que ça a l’air satisfaisant. 

* Après lecture de cette phrase, prenez un triple sky-coke et la vie vous paraîtra plus simple.

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06 février 2007

Mais que sont devenus les Marseille – PSG ?

Il y a une époque que les moins de quinze ans ne peuvent pas connaître. C’était l’âge bénit des cuissardes moulantes sous les shorts et des coiffures technographiques à Ginola. 

Alors que je regardais dimanche soir d’un œil distrait le choc, le clasico, le derby national Marseille – Paris, je me demandais comment remplir la rubrique « Mais que sont-ils devenus ? » avec Eric Di Méco et Carlos Mozer.

Il est vrai que depuis dix ans, les deux équipes jouent les grands écarts au classement ou, se morfondent dans le ventre mou de la Ligue 1 à chaque confrontation, enlevant ainsi l’intérêt comptable du match.
Mais tout l’attrait de la partie est ailleurs, il est dans l’affrontement Capitale – Province, dans l’aura des deux clubs français les plus côtés dans le gotha européen (n’en déplaise à Jean-Michel, fervent lecteur de
la région Rhône-Alpes) et dans cet historique violent et créatif des années 90.  

Rendez-vous compte, il n’y aura pas eu, ce dimanche de février, un seul fumigène bien employé sur le buste d’un supporter adverse, pas un échange de siège molletonné façon colonne de Burenne, à peine quelques insultes sportives dans les tribunes que les médias ont bien gardées de surexposer par sono de 5000 watts interposée.
Ah, où est ce luxe d’antan où les bus se faisaient caillasser et les feux de Bengale prenaient sur les vêtements en lycra ? 

Malgré une poignée de mains feutrée entre les deux entraîneurs, il n’y eu même pas de paroles déplacées, de tapes franches qui démettent les cervicales, de croche-pieds dans l’escalier. Rien.
Même José Anigo se porta bien. Il est vrai que la sécurité du club avait pris soin de ranger toutes les bouteilles d’eau de javel au cas où l’envie lui prenne de faire briller les vestiaires adverses (par souci de bien faire, petit manuel du Comment recevoir par José). 

La proximité du choc des Olympiques du milieu de semaine dernière en Coupe de France calma également les déversements bilieux des journalistes avides de petites phrases mesquines à l’approche de cet OM-PSG des familles.
Canal+ fit tout de même son grand format, mode Très Grand Match, mais sans saveur particulière. Zidane ne s’était pas déplacé sur la palette technique de Philippe Doucet, il ne s’agissait pas du 10000ème match de Ligue 1 retransmis par la chaîne cryptée, juste une belle affiche de papier journal. 

Et les joueurs ?

Ils sont tous amis vous dis-je. Ils rigolent, se serrent les paluches comme dans les salons de remise de Trophées UNFP.
Ils se racontent leurs dernières vacances et sortent des bonnes blagues sur Guy Lacombe.
Ah le foot a changé ! Triste époque où le dopage ne se limite plus qu’à quelques antidépresseurs d’avant match pour calmer toutes velléités et ardeurs hormonales bien masculines.
Les sensibilités ne se heurtent plus, ça fait mauvais genre, ça ne fait pas lisse, pas politiquement correct. 

Même un imbécile de Canal a osé dire qu’on avait de la chance, en France, que ce match ne prenait pas des allures de Calcio sicilien. Comme si nous étions exemplaires…
Heureusement, prenant conscience in extremis de sa divagation, il se reprenait avec un ‘nous n’avons pas de leçons à donner’. 

Donc le match, les joueurs.

La première mi-temps fut avenante avec des fautes viriles, à peine incorrectes. Chaque équipe veut marquer son territoire comme si uriner sur la pelouse pouvait faire fuir des adversaires cramponnés.
L’arbitre, breton de sa Fédération ne s’appelait pas Stéphane Bré et donc n’était pas là pour faire du zèle comme à l’automne, pour le match aller. Il tint tout à fait correctement les vingt-deux acteurs.

Avez-vous remarqué que l’appellation courante ’les 22 acteurs’ prenait toute sa consistance sur les sauts de Rothen et sur un plongeon en surface d’un Sylvain Armand porté vers l’offensive ? 

Ah ces joueurs, ah, ces acteurs.
Quelques coups d’épaules, des baffes en l’air derrière la caméra, l’usage des coudes, on s’observe. 

Match équilibré, quoique légèrement haché. Plaisant pour un OM-PSG.
Pendant le calme affiché, je repense aux applaudissements qui concluaient les tacles aux genoux des années 90, lorsque Tapie jetait de l’huile sur le feu, intimidait autant son équipe que les parisiens.
Où sont passées les faucheuses automatiques qui sévissaient sur les ailes ?
Que sont devenues les échauffourées, mêlées multicolores organiques dans lesquelles les deux équipes s’échangeaient leurs poings de vue (ou même à l’aveugle du corps arbitral pour les plus fins) ?
Quel calme. A faire pâlir un hooligan du Feyenoord. 

Le retour au vestiaire n’engagea même pas de discussion entre un Galtier et le sensible Gallardo.
Piètre et fade mise en scène sans saveur. 

La seconde mi-temps s’agita avec un rythme plus élevé, des attaques enflammées, des coaching ambitieux.
Le match prenait sa véritable valeur lorsque Cissé contra la malléole de Yépès. Enfin un peu d’action digne d’intérêt.
Cependant il est bon de préciser qu’à l’époque où Carlos Mozer piétinait les parisiens, nous pouvions constater que le Sud-américain était bien plus solide et dur au mal.
D’ailleurs, dans son souhait de vengeance bien naturel, Mario rata la nuque de Djibril quelques minutes plus tard. Carlos, lui, n’aurait pas été si humble pour cravater sa cible.
Il faut dire aussi que les défenseurs manquent de ce poids qui ajoute au mauvais geste maladroit toute sa douleur. Ronald Zubar ou Julien Rodriguez n’ont pas le physique poétique d’un Basile Boli.
De là à penser que Nantes ne recrute que des organismes sur modèle de Carrière pour les diffuser en Ligue 1 (notamment à Paris).
L’honneur de la partie est sauf puisque Mario peut désormais se perfectionner sur Nintendo jusqu’à la saison prochaine.
N’en déplaise à Alain Caysac, une fracture de la malléole vaut moins de points sur l’échelle de Cissé que la blessure qu’un double tibia – péroné.

La Ligue a décidé d’officialiser cette nouvelle échelle de mesure afin de déterminer le nombre de matchs de suspension suite à une blessure en match.
L’échelle de Cissé dit donc :
- Frau contre Noro (6 mois d’indisponibilité) : 2 mois de suspension
- Cissé contre Yépès (3 mois et demi d’indisponibilité moins 2 mois de jeu en réserve à cause d’une histoire de penalty provoqué par ascenseur dans la surface par le Colombien dans un prochain match, soit 1 mois et demi seulement d’indisponibilité réelle) : 3 matchs de suspension (à venir). 

Le reste de la partie fut anecdotique : deux buts mérités, une fin de match assez folle pendant laquelle malheureusement, tous les portables et batteries furent évités par les juges de touches.
Des déceptions de part et d’autre au coup de sifflet final, pas de cocards, pas de bas déchirés, pas d’œufs de pigeon sur les crânes, pas de crachat (le retour de Barthez est attendu avec excitation au Vélodrome avec Nantes). 

Les entraîneurs sont restés tout à fait corrects dans les conférences de presse (Anigo avait été bâillonné par sécurité et par Pape Diouf devant Kachkar pour démontrer la répartition des rôles dans la Direction de l’OM).
 

L’Equipe titrait le lendemain « Paris relève la tête » dans un petit encart alors que le gros match était la défaite de Lyon.
Quand je vous dis que les Marseille – PSG ne sont plus ce qu’ils étaient… 

Triste époque.

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29 novembre 2006

Le rugby ne passera pas

Je viens d’observer avec attention un match de rugby.

L’affiche du dernier match international 2006 de nos athlètes en calendrier correspond à la première confrontation 2007 de leurs frères cramponnés, véritables sportifs eux, convenons-en. 

Force est de constater que le rugbyman veut se mettre en valeur en chaussant des maillots trop petits pour eux. Ça moule.
Amusant de constater qu’ils se les échangent en fin de partie sans même vérifier l’adéquation de leurs tailles respectives.
Si Carew donnait son maillot à Eric Carrière, le lensois aurait encore de quoi se faire une paire de draps après avoir renouveler son équipement sportif pour l’hiver.
L’inverse aurait fait économiser un paquet de mouchoirs au norvégien.

Malgré ce que tous les esthètes de l’Ovalie peuvent dire, le rugby est un sport raisonnablement simplet. En serait-il autrement pour s’adresser à ces quintaux de bidoches qui se piétinent avec allégresse dans la boue.
Mais techniquement, le sport est faible. 

J’ai la balle, je cours, je me tape la tête contre un mur (bleu ciel et blanc aujourd’hui, très noir ces deux dernières semaines), je me couche toi là, je lâche le ballon puisqu’apparemment, c’est ce que les armoires normandes d’en face recherchent à coups de crampons alu de 18 sur des tempes découvertes.
D’autres gars me prennent le ballon ente les jambes avec souvent, un testicule mêlé puis le lance à un copain de la même casaque bourrinée en arrière.
L’heureux désigné volontaire attrape alors l’œuf de cuir et nous reprenons tout le cycle à son début : il court, il se tape la tête contre un train de marchandises et tombe massivement en attaque.
Si les adversaires récupèrent l’objet de tous leurs fantasmes, ils prennent alors le jeu à leur compte et rentrent alors violemment dans les péniches d’en face.
C’est un cycle sans fin jusqu’à ce que, par un hasard que les spécialistes appellent tactique, un joueur moins bête que les autres décide de se démarquer et de faire un slalom entre les poteaux télégraphiques adverses au lieu de foncer dans le tas.
Le but étant, on l’oublie trop souvent, de porter la baballe aux rebonds illogiques derrière une ligne (notons bien qu’il ne faut même pas viser pour marquer un essai et qu’il n’y a pas de filet). 

Il arrive aussi qu’un joueur plus frileux décide de putter rapidement vers l’avant pour éviter de se prendre un TGV de cent vingt kilos dans la mandibule inférieure. 

Le jeu est très souvent interrompu à cause de pénalités suite à des fautes incompréhensibles (même avec la vidéo) : en avant (sans Guingamp), manchette à la pomme d’Adam, placage d’un gars sans ballon, arrachement des ligaments du genou, crevaison des yeux, torsion des testicules restantes, et autres délices moyenâgeux.
Quand il n’y a pas de vraiment d’erreurs dans le jeu, l’arbitre peut stopper la partie pour procéder aux divers soins liés aux contacts nombreux. Bref, la circulation de la balle laisse à désirer toute la poésie des courses musclées. 

A noter également qu’il s’agit du seul sport où le commentateur sportif s’exclame avec délectation sur une mise en touche volontaire : « ah que c’est bien joué, quelle belle touche trouvée ! ».
Donc, aucune fluidité, aucune vision du ballon (puisqu’ils s’agitent frénétiquement dessus), actions répétitives et mauvais exemple pour la jeunesse.
De plus, les points se comptent aléatoirement sans raison logique apparente. 

A côté de cela, ma femme est capable de se poser dix minutes sur le canapé, sans qu’on la force, pour observer librement ces trente gaillards tandis qu’elle ne décroche pas un regard contre un match stressant de L1 : Sedan – Nice.

Le rugby trompe les femmes, il faut désormais commencer à dire la vérité quelques mois avant la Coupe du Monde de l’an prochain.
Sinon, le mois de septembre 2007 risque d’être difficile à supporter.

 

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28 novembre 2006

Le Ballon dort

Tenant augustement et poétiquement le tibia de Djibril Cissé dans la main et regardant le ciel ombrageux, je devisais : Il y a quelques jours de pourri dans notre royaume. 

Les années paires qui ne sont pas celles de Championnat d’Europe des Nations, et depuis 1994, il d’usage de donner le Ballon d’Or à un vainqueur du Mondial.
En 1994, Stoïchkov, le bulgare hystéro-agaçant et en 1986, le russe Belanov, font figures d’exceptions depuis plus de vingt années d’élections arrangées (sauf pour nos français Papin 1991, Zidane 1998 et Platini 1983 à 1984, bien entendu).

Donc, il fallait, pour les jurés, qui on le sait, sont compétents en matière de football puisqu’ils représentent leurs Fédérations Nationales, trouver quelqu’un dans le 11 italien.
Faisant fi de la régularité de Thierry Henry et de ses deux finales des plus grandes compétitions de l’année (Ligue des Champions, Mondial), des soubresauts spectaculaires de Ronnie, et d’autres joueurs grandement méritants, les deux premiers élus sont Buffon, le gardien parieur et Cannavaro, l’ex-défenseur de la Juve. 

Point de chauvinisme grassouillets dans mes propos pour le non-sacre de Titi (si tous les joueurs exceptionnels avaient reçus le BO, ça se saurait), mais un juste retour des choses.
Alors qu’on nous a bassiné les écoutilles avec l’image irréprochable que doit avoir un homme public, un sportif de haut niveau, un modèle social, que diantre, un footballeur ; tout ça parce que Zinédine s’est essuyé la calvitie sur un vulgus pecum que Dame Nature a doté d’un caractère grossier et violent en finale sur-médiatisée de Coupe du Monde pour le dernier match de sa carrière non exemplaire ; le choix italien du BO peut faire discuter. 

Donc, discutons.

Buffon et Cannavaro sont de cette Juve accusée à raison de triche et vol de Calcio. Ils n’ont donc pas été champions d’Italie cette saison (juste relégués en Série B, ce qui en soi est un exploit puisque c’était la première fois de leur histoire).
Le gardien Jean-Louis, dauphin de son défenseur central, a été suspecté de paris litigieux.
Lui et son défenseur central n’ont pas été inquiétés dans la déferlante Moggi mais en ont bénéficié pour mettre en valeur (doper) leurs performances.

Ils ont plus ou moins navigué dans les eaux troubles de dopage organisé par un système rodé et zélé d’accompagnement médicalisé, mais me direz-vous, qui n’a pas besoin d’un coup de seringue de temps en temps ?

Mais il s’agit du BO tagué 2007.
Nous avons Buffon dont l’évidente importance nationale a sauté aux yeux lors du Mondial allemand, à tel point que l’Italie, d’une pauvresse de jeu rare pour un vainqueur, se retranchait derrière l’ultime rempart. Sauf sans doute, cette épique demi-finale contre le pays organisateur où l’Italie a été contraint de développer ses réels talents offensifs.

Buffon mériterait presque sa récompense de cet arrêt réflexe en prolongations, sur une tête appliquée de Zidane qui pouvait solder la carrière du n°10 de façon presque trop parfaite. En un arrêt, il a défait le meilleur joueur reconnu du Mondial (du Monde ?) avec les conséquences non causales qui ont suivi.
Mais qu’est-ce Buffon depuis le mois de juillet ? Un gardien aisé de Série B à féliciter pour sa fidélité à son club dans le moment le plus tragique.
Une deuxième place au BO peut donc s’offrir sur une prestation d’un seul semestre. 

Quant à Cannavaro, les sunlights de Madrid l’ont appelé. Depuis août, il se complait, sans se forcer, au Real, multipliant de criantes contre-performances indignes de son niveau mondialiste.
Un une-deux contre Lyon l’a mis au désespoir.
Encore une fois, les yeux des jurés se sont appliqués à se fermer le soir du 9 juillet. 

Devait-on donner ce Ballon doré à Cannavaro ?
Non.
Devait-on donner cette deuxième place à Buffon ?
Non. 

Pourtant, me disais-je, pour une fois que l’on reconnaît les valeurs défensives. 

Ou alors je ne comprends pas.
Ou alors je n’y connais rien. 

Tiens, ah oui, peut-être.
Je reprenais alors l’os de Djibril pour tapoter un tambour, juste pour reprendre le rythme de l’année qui arrive.

 

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J moins 25

Olympique Lyonnais 1-0 AJ Auxerre
Lille OSC 1-1 AS Monaco
Valenciennes 1-0 AS Nancy
OGC Nice 2-2 CS Sedan Ardennes
FC Lorient 1-3 FC Sochaux
ES Troyes AC 1-1 Olympique de Marseille
FC Nantes 1-1 Paris Saint-Germain
Le Mans 1-1 RC Lens
Toulouse FC 1-0 Rennes
Girondins de Bordeaux 1-0 Saint-Etienne

Que l’OL remporte son treizième match sur quinze sur une faute de main de Cool et une tête opportuniste de Malouda n’est pas une injustice. Tout au plus une lassitude profonde pour les performances du champion d’Automne.
Si, à la 15ème journée, le futur sextuple vainqueur de la L1 a 14 points d’avance, il en aura 35 à la 38ème.
Vivement les quarts de finale de la LC. 

Monaco relève la tête en accrochant Lille à domicile, quatrième match de suite sans défaite, le bout du tunnel n’est peut-être pas si loin. Il sera un temps au printemps prochain où Monaco nourrira des regrets.
A noter l’exceptionnelle frappe de Serge Gakpe, 19 ans, dans la lucarne de Sylva. 

Valenciennes conserve son statut d’invincible ou presque (la défaite contre le voisin Lille ne compte pas) à Nungesser. 

Nice lutte mais reste proche de la zone rouge. Il aura fallu l’entrée de Pujol et sa reprise de volée du coup de pied-tibia pour le partage des points sedanais.
7ème carton jaune pour Rool en 12 titularisations (on imagine qu’il fut suspendu pour les 3 autres matchs non joués). 

Toulouse gagne au minimum contre Rennes et ce n’est pas grâce à l’entente Bergougnoux, Mansare qui aura fait du bien à la ville rose. Ils s’accordent l’autorisation de s’oublier sur le terrain et se bataillent le ballon pour un penalty (raté aux demeurés).
Revault passe chez ses anciens coéquipiers.
Ah ce focus de chez Canal ! Monsieur Olivier Sadran et sa partie de foot avec une sélection de supporters !
Ah son tacle assassin télévisé sur les chevilles d’un pauvre gars abonné du Téfécé, le genre de tranche-jambon à la cramponade qui mérite la vignette rouge en match officiel.
Ça c’est du focus qui fait sourire Alexandre Ruiz.
Donc, si Cyril Rool sectionne un mollet en match, c’est un attentat, lorsque c’est un dirigeant qui le pratique sans anesthésie, tout le monde loue l’engagement et l’esprit combatif de l’amateurisme.
Ok, je le note. 

Si le match se joue en première mi-temps, Troyes gagne allègrement. Si c’est en seconde, Marseille survole les débats.
Un bon match nul enlevé au niveau technique faible. D’aucuns diraient : un beau bazar.
A noter la reprise victorieuse de Lachuer d’une sorte de plat du pied en équilibre et l’expulsion de Pagis suite à un écrasement de doigts de pieds adverses (l’arbitre ne s’est pas demandé comment le marseillais, en l’air, aurait pu rejoindre le sol sans poser les pieds. Il se trouve qu’une chaussure adverse se trouvait là. Bon.) 

Si Sochaux gagne à Lorient assez largement, c’est grâce à Le Tallec, 22 ans, ex-Le Havre, ex-Liverpool, ex-St Etienne, ex-Sunderland.
Et comment gagner lorsque le jeune ex-espoir marque deux buts ? Le destin s’est acharné contre les bretons, comme si Fiorèse arrivait à faire un doublé contre Paris au Parc. Ce sont des signes contre lesquels on ne peut pas lutter. 

Bordeaux, St Etienne et des accords entre clubs de supporters. Une franche camaraderie exemplaire. Minute démagogique mais non moins sincère de jour de Foot.
Sinon, Bordeaux a marqué dès que Micoud a cessé de se provoquer directement des actions de buts. 

Pendant que Lens ratait au Mans l’occasion de prendre seul la place de champion de France de la Ligue1 à 19 clubs, les journalistes se décevaient de l’absence de jets de sièges par les supporters parisiens en voyage à la Beaujoire.
Pour un peu, avec ce calme dans les tribunes, il se pourrait que le football ne soit pas le seul coupable des évènements tragiques de jeudi dernier.
Match nul sans trop de relief, bien entendu, volé par l’arbitre pour le président et l’entraîneur de la capitale.  Un match comme un autre donc. 

Je ne sais pas vous mais la motivation manque pour se concentrer sur la bataille de la deuxième place dans ce championnat déjà joué.

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24 novembre 2006

J moins 26

AS Nancy 1-0 ES Troyes AC
AS Monaco 2-2 FC Lorient
RC Lens 2-0 FC Nantes
Paris Saint-Germain 0-2 Girondins de Bordeaux
Rennes 1-1 Le Mans
FC Sochaux 0-0 Lille OSC
Saint-Etienne 2-1 OGC Nice
CS Sedan Ardennes 0-1Olympique Lyonnais
AJ Auxerre 1-0 Toulouse FC
Olympique de Marseille 1-0 Valenciennes 

En une seule journée, qu’y a-t-il de plus énervant ? 

Voir Marseille arracher une malheureuse victoire contre VA alors qu’ils méritaient de sombrer dans une crise à la parisienne ?

Observer sans frémir la énième victoire lyonnaise sur un but improbable digne d’un bêtisier de dimanche matin (enfin, sans frémir, tout juste pourra t-on dire : ‘chié, ils sont agaçants ces lyonnais à gagner encore’.

Dormir sur un canapé en une fin d’après-midi de samedi devant Lille et se dire après le match que : ‘chié, on le savait bien que ça finirait sur un 0-0 pénible’.

Voir Rennes à 10 et mourir.

Comprendre que la saison nantaise ne sera joyeuse qu’à la 90ème minute du match de la 38ème journée au moment où, par un hasard de coïncidences exceptionnelles relevées sur les autres terrains, les canaris seront sauvés en L1.

Se dire que Nancy a bien une tête de tour préliminaire de la Ligue des Champions pour l’an prochain.

Se contenter d’une victoire faiblement intéressante des verts en attendant qu’ils s’écroulent pour les matchs retour (tout le monde le dit).

Détester Auxerre pour ce 1-0 parce qu’on avait parié 2-0.

Et si on a le malheur d’être pro-parisien, c’est énervant rien que d’y penser.
 

Avez-vous remarqué ?

Que Joseph Désiré Job est revenu sur les terrains ? Il y a des ex-espoirs du foot, encore jeunes, tout du moins, on ne sait pas trop, dont on a trop parlé.

Que Cyril Rool a marqué un coup-franc. Tout le monde a cru à un tir enveloppé supra-technique mais tout le monde fut rassuré.

Que les deux buts bordelais ont été épatants.

Que le lorientais Gignac est de plus en plus en vue.

Que Canal+ appelle Eric Carrière : le facteur technique équilibrant. Et ça me fait peur. Faire tenir dix autres joueurs plus les remplaçants sur les épaules d’un malheureux trentenaire au physique de petit rat de l’Opéra…

Qu’il y avait une ambiance feutrée digne d’un pub privé parisien avant 22h à Louis II et que c’était sans doute le plus beau match de la journée.

 

N’empêche, Lyon, c’est pénible.

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16 novembre 2006

Le mou aka français

La célébration des anciennes gloires de 98-2000 servait de aka néozélandais pour introduire le match France-grèce.

100 sélections pour Vieira, le futur recordman des apparitions en bleu continue sur sa lancée. 

Que vaut cette confrontation franco-grecque ?
Avant le coup d’envoi, toute la curiosité était permise. Mais ce serait oublier au héros hellène de 2004 : Otto Rehagel et son système de jeu défensif à marquage individuel.
Jean-Michel : « L’organisation des grecs n’a pas changé depuis l’Euro ».
Arsène : « 10 derrière… » 

On ne peut pas reprocher aux équipes (théoriquement) de valeur moyenne de ne pas partir avec la moussaka au fusil.
En 13 minutes de jeu, Saha a tenté un retourné à hauteur de côtes et Sagnol (le prince des centres, dixit Gilardi) a tiré un coup franc intéressant pour une tête hors cadre. 

Pendant ce temps, David Astorga, l’homologue footeux du néo chouette présentateur du JT, Harry, prend des airs de Pascal Praud en citant une anecdote pour Zizou dont un stewart zelé a bloqué l’entrée aux tribunes en attendant la présentation de son ticket.
Quelque chose me dit que le Zidane, si toutefois il avait vraiment son ticket dans sa poche, ne l’a pas montré quand même. 

Pendant ce temps là également, la concentration sur le jeu, la tactique, les actions partait en tyropita tant je m’éparpillais entre le biscuit du soir du chien, mon petit carnet de note et les discussions dithyrambiques avec ma chère et tendre (également sur l’appétit exceptionnel de mon neveu pour la purée de sa tata).
La saveur d’un match amical n’est pas celle d’un match de Coupe du Monde, fusse t-il un France – Suisse fermé comme une boite de sardines à l’huile.
Je pouvais fermer un volet en observant inattentivement par la fenêtre le carré télévisé vert et sans le son, je ne me pressais pas. 

23’ Tentative à une touche de balle et joli une-deux entre Wiltord et Malouda.

26’ Centre de Sagnol contré deux fois par un buste main tête puis tête encore et tête plongeante au deuxième poteau d’Henry pour son 39ème but tricolore.

28’ Arsène, à propos des blessures : « En général, les joueurs qui ont joué la Coupe du Monde, on les perd en novembre-décembre ». Certes, si le cas se justifie pour Ribéry, Trezeguet et certains consorts, nous ne sommes pas obligés de les chercher à les retrouver.

35’ Jean-Michel Larqué, à propos d’une échappée lyrique d’Henry sur l’aile gauche : « Ouh lala, mais où y va, où y va, où y va ! ». En fait, c’est flippant de le vivre en direct parce qu’on plonge directement dans l’esprit de Jean-Michel pour se demander vraiment où il peut aller.

38’ Un, dos, tres avec tir de Vieira « qui met tout ce qu’il a dans la chaussette » (JML)

Ensuite, ce n’est qu’un relâchement conscient de fin de mi-temps et une seconde partie de match insipide.
Anelka marquait de son empreinte (fautes, hors-jeu, dribbles, accélérations) l’animation française de façon intéressante mais frustrante.
Le jeu était haché et sans rythme. 

Par séquences rares, le supporter entre deux assoupissements se disait que bon, si ça continue, l’hellène allait finir par marquer un but improbable sur une faute de concentration.
Mais non, malgré 4 changements de joueurs, l’équipe conservait son équilibre. 

Vint ce coup de sifflet final d’un match que l’équipe adverse ne joua jamais par choix (et aussi grâce à la qualité de l’opposition) et vinrent ces regrets éternels pour ce match de juillet 2004 que la France, minée de l’intérieur, laissa partir.

Viendra désormais la dinde aux marrons et février pour ce prochain match amical plus épicée contre l’Argentine…
Nous saurons peut-être l’année prochaine si cet escroc de Gonzalo Higuain, après avoir chercher les lumières médiatiques, sera madrilène pour lancer sa carrière en Europe.
Il y a eu des manipulations plus discrètes autour de jeunes joueurs pour les amener dans des clubs huppés…

Posté par barnabe à 13:43 - Chemin de la campagne de l'Euro 2008 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Célébration

Si la gloire née d’un exploit était proportionnelle au niveau de classe d’une célébration organisée par la Fédération Française de Football, l’équipe 1998/2000 peut se poser des questions quant à leur durée de vie historique dans la mémoire collective des gens.

Dix minutes maximum, des extraits vidéo sur grands écrans, une dizaine de gus au milieu d’une étoile terne projetée sur la pelouse du Stade de France. Voilà tout pour cette équipe incomplète (on comprend mieux ceux qui n’ont pas annulé leurs vacances pour venir) qui a marqué l’Histoire du foot national.

Alors oui, était-ce la bonne formule, le bon moment ?
Pourquoi eux et pas la bande à Platoche et leurs titres olympique et Euro 84 ? Pourquoi pas tous ensemble avec Raymond et Just aussi ?
Just est quand toujours, ad vitam æternam, le meilleur buteur d’une seule Coupe du monde. 

Luis a presque raison d’attaquer quand on voit poindre ce petit sentiment de jalousie par rapport à sa génération des années 80 romantiques.
Mais désormais, Luis, Alain, Jean, Michel ne doivent pas être envieux de la piètre fête organisée en l’honneur des Champions du Monde et d’Europe (dans cet ordre). 

TF1 avait bien senti le ridicule de la manifestation pour ne rien retransmettre, ou plutôt leur résumé de dix secondes fut suffisant. 

Un match de gala multi-générations ou même entre 98 et ceux d’aujourd’hui aux dix ans de la victoire du 12 juillet aurait eu une incidence commémorative plus sympathique.
Les matchs du Variétés ne sont jamais mis en valeur alors que le football prend toute sa valeur festive. 

Ou bien, pourquoi reconnaître une telle évidence ?
Une telle révolution que ce France – Brésil. 

Les fanas reconnaissent les 13 buts de Just, les 51 buts de Michel, la démonstration française de l’Euro 84 (bien plus convaincante d’ailleurs que 1998 et 2000 quand on y pense), Séville et Guadalajara sans qu’il soit nécessaire d’en rajouter.
La légende a déjà été inscrite alors à quoi bon la rabaisser par une célébration, convenons-en, pourrie.

S’en suit France – Grèce, le vice champion du Monde contre le champion d’Europe en titre, ou les deux derniers champions d’Europe.
Belle affiche si la Grèce n’était pas cette équipe imbuvable et triste qui aura réalisé son exploit au Portugal là où le football moderne a perdu pied.

 

Posté par barnabe à 12:00 - Ballon crevé - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 novembre 2006

J moins 25 Part 2

Troyes 0-4 Monaco
Il y a des hold-up qui prennent des airs plus réalistes que celui-ci.
En était-ce bien d’ailleurs ? 4-0 à l’extérieur.
Monaco a des sursauts de moribonds, une sorte d’ultime érection du défunt. Et c’est Troyes qui en a fait les frais.
Trois buts bien remontés en contre alors que l’équipe du Rocher était à dix contre onze suite à une main volontaire sanctionnée.
Rien à reprocher, sauf du réalisme au 11 troyen.
Alors, dit-on, il y a des matchs pendant lesquels, il est clair que l’on ne peut marquer.

Sans doute les marseillais, forts de leurs quatrième défaite de rang en championnat (5 à la suite avec la Coupe de la Ligue) doivent-ils avoir une opinion sur le sujet pour ce match où Lille aura su mettre la balle au fond.
Un match nul n’aurait pas été volé.
Un mi-temps terne éclairée par ce ballon récupéré aux vingt mètres marseillais, un une deux d’école et Bodmer fait un crochet qui ouvre l’étau olympien, place un tir adroit en lucarne gauche.
Du genre de but marqué où normalement, le dimanche matin sur une pelouse picarde, vous regardez le faible public, vous levez les bras en V dignement, à la Cantonnade, et vous regagnez les vestiaires, fier et satisfait du devoir accompli avec prestance. Le match mérite de s’arrêter là.

Mais Bodmer n’est qu’un professionnel alors il revient avec les siens pour une seconde mi-temps plus enlevée, plus digne de ce que les commentateurs de la chaîne cryptée appellent modestement un match de Champion’s League.
Les deux équipes auront plusieurs occasions de marquer et Lille gagne à la fin.
Deux choses à retenir, bon ok trois. 

1/ Ribéry a le niveau des grands joueurs puisqu’il imite désormais Micoud. C’est tout l’art des grands joueurs de savoir se faire oublier pour apparaître au grand jour sans que personne ne s’y attende.
Micoud depuis le début de la saison et Ribéry depuis le parc des Princes. 

2/ Le second geste à retenir après la frappe de Bodmer fut le tacle de Keita sur Niang dans la surface lilloise.
A Clairefontaine, on doit appeler ça : le tacle glissé qu’il ne faut jamais faire.
Hormis la probabilité qu’un arbitre sensible siffle un penalty (par exemple, prenons Stéphane Bré) car l’action était spectaculaire et son intensité ne pouvait arriver au firmament que par une erreur d’arbitrage et un penalty tiré trois fois à cause des joueurs envahissant les 18m pendant le tir (le penalty est marqué la première, raté la seconde et tiré sur la transversale la troisième), il fallait être sévèrement équipé pour s’imposer sur ce geste défensif limpide.
Niang n’a pas le temps de voir venir quoi que ce soit, tout juste sa vision périphérique doit-elle entre apercevoir un TGV à sa droite.
Le tacle est viril mais correct. Parfait donc.
Et ce qu’il y a de plus extraordinaire (pour reprendre le vocabulaire d’Alex Ruiz), c’est de se dire qu’à 5 cm près, Niang comptait sa malléole et les tous petits os de sa cheville pour les offrir à ses enfants comme des osselets de cours de maternelle.
Et ça, pour un joueur de dimanche matin qui tacle à moissonneuse batteuse rabbattue, emportant veaux et cochons à chaque passage de charrue défensive, cela représente la perfection du sillon agricole sur gazon vert.

3/ L’entraîneur marseillais vient de s’asseoir sur un siège quelque peu inconfortable, adouci dans l’avenir par le messie Cissé. 

Lille 1-0 Marseille

Le prochain match au vélodrome contre Valenciennes prend une importance nostalgique toute particulière.

Posté par barnabe à 11:15 - Assaisonné en 2006-2007 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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