Au crampon affûté

Digressions philosophiques et sportives

13 septembre 2007

Chardon ardent

C’est vrai, ok, j’avoue, je ne me suis pas levé pour l’hymne. J’étais simplement floqué du maillot bleu assis sur mon canapé, les jambes croisées pendant que ma femme ne cessait de pérorer contre ces joueurs qui ne font même pas semblant de chanter.
Je ne répondais pas et elle continuait à parler. Je faisais simplement des hum, hum parce que j’ahanais les paroles dans ma tête. Il y a des moments comme cela où, se faire égorger sa femme jusque dans nos bras, pourrait soulager. 

Mais le match démarrait déjà dans une totale inattention, sans vraiment de concentration. Ces britanniques (ça leur fait du bien d’entendre ça) nous avait déjà gâché la soirée l’an dernier, comme une sorte de fausse Italie. Ils ne pouvaient pas recommencer au Parc. Ah oui, c’était au Parc des Princes. Je n’entends plus Parc et bleus. Ça ne sonne plus très bien ensemble depuis novembre 1993. Oubliés les coups francs de Platini qui débloquaient les rencontres de qualification. 

Lassana Diara n’est pas un vrai latéral qui déborde, élargit le jeu et crée des décalages, Abidal aurait pu en être un mais ce n’était pas la soirée de son compère Malouda (à par un seul tir, presque de dépit).
La défense fut irréprochable sauf sur le dégagement de Gordon sur lequel ils n’ont pas serré le marquage de Mac Fadden. Cela dit, qui aurait pu imaginer qu’après une heure de jeu de tranchées dans leur moitié de terrain, un écossais allait miner Landreau de 30 mètres.

Donc Landreau n’a rien eu à faire de très sérieux, une bonne interception sur un centre, un autre tir capté puis la savonnette de Mc Fadden. Donc, il ne faut pas sélectionner un gardien du PSG au Parc, voilà ce que ça donne.
Viera aurait pu laisser sa place à Toulalan puisqu’il n’apporta aucune valeur ajoutée. Un match en trop par rapport à sa condition physique.
Maké ok. Ribéry était dans sa partition, ainsi qu’Anelka. Comme d’habitude, Trezeguet n’a pas eu de ballons exploitables. Le refrain revient. Puisque l’équipe ne joue pas pour lui (il parait que la Juve le fait), apporte t-il vraiment quelque chose de plus ? Hormis son statut.

Alors quoi ?
Domenech s’enferme dans son 442 dont il n’a toujours pas démontré son efficacité. Défensivement, peut-être. Mais pas offensivement.
La rentrée de Benzéma et de Nasri a redynamisé le jeu. Sûr que les écossais étaient alors plus fatigués face à la rapidité des jeunots.
L’envie d’un Benzema aurait été meilleure que celle de Malouda. Un nouvel essai de Nasri meneur … Un peu plus de technicité pour éliminer les adversaires. Puisque la voie des airs était fermée, que l’enchaînement de passes impossible à cause de la concentration de joueurs, il fallait être plus vif et proposer plus de dribbleurs pour décaler et trouver les attaquants. Presque trop de construction il y eu.
Voilà, j’ai fait mon sélectionneur. 

En fait, tout est énervant.
Comment une équipe ayant ce style unique peut gagner contre une autre qui 75% de possession de balle ?
C’est une question de morale plutôt que d’un aspect sportif. Il y aura toujours une Grèce imbuvable qui gagnera et démontrera le contraire. Et puis ces commentateurs et leur fighting spirit. Où est l’esprit combattant dans la tactique du porc-épic ? Où est l’honneur ?
Donc, il faut soit interdire ces équipes de participer aux compétitions, soit ne pas les louer. 

Heureusement, ma femme était à sa lecture quand la France encaissa le but honteux. Je n’eus pas à subir les quolibets. Nous ressortons le manque de chance, de réussite, que c’est toujours la même chose : dominer n’est pas gagner.
La France fut mauvaise. Thuram le dit d’ailleurs. Meilleure analyse que Domenech clamant qu’il n’a rien à reprocher à ses joueurs. Faut-il donc quelqu’un qui lui reproche, à lui, sa gestion du match.
Merde alors.

Posté par barnabe à 08:48 - Chemin de la campagne de l'Euro 2008 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


08 septembre 2007

Changement de ballon

Doit-on s’attendre à un week-end national pourri. Une défaite contre l’Italie à San Siro et ce serait deux soirées gâchées.

Je pouvais être debout face à l’hymne tricolore du Stade de France lorsque la sixième Coupe du Monde de rugby s’ouvrait, ça ne servait pas à grand-chose. Quatre vingt minutes plus tard d’un match incroyablement raté, d’interceptions convenues, d’imprécisions, de stress coupé au couteau et l’ouverture se fermait. Alors ça n’en sera que plus beau.
Comme en 2002 après le Sénégal (avec rond le ballon coréen), comme d’autres parties défectueuses après lesquelles on s’accroche pour laisser cet espoir sourd planer.
Et pourtant, il y avait de la volonté et de la force dans les avants. Des détails que je n’espérais pas revoir ont grippé la machine. Il faut donc que l’Ovalie française gagne sa coupe pour se décomplexer.
J’étais déçu mais me projetais vers l’Italie, comme si cette énième revanche de l’été dernier qui se présentait valait plus qu’un France – Argentine.
Ouais, pour un footeux, il y aura toujours ce petit plus qui ajoute au match Italie – France, une importance transcendantale, un historique, que dis-je, une Histoire, bien plus maîtrisée que désormais cinq défaites en six confrontations contre les Pumas. 

France – Italie ne sera plus jamais pareil.
Comme après que Platini ait donné la leçon à ses coéquipiers de la Juve au Mondial 86. Comme après les tirs au but de 98, comme après la finale hollandaise de l’Euro 2000.
Après toutes ces rencontres, il était évident que la Francebénéficiait d’une protection divine, d’une aura de réussite (méritée) contre l’adversaire si traumatisant de nos clubs.
Enfin, tout cela jusqu’à Berlin.
Comme si l’insolent bouclier qui nous permettait de trouer la botte italienne au bout du combat avait été cassé d’un coup de boule.

J’apprenais alors que depuis 1978, j’étais gamin alors et j’avais décidé de ne pas vraiment me souvenir des dernières défaites, donc depuis 78, j’apprenais que l’Italie pouvait nous battre.
Oh certes, aux tirs au but, pas vraiment sur le terrain.
Ah mais voilà, nous sommes officiellement invaincus sur les 90 ou 120 minutes normales, non sujettes à la loterie de fin de match. En fait, la finale de l’an passée, ce n’est pas vraiment grave, ça ne compte pas, ce n’est pas ce que retiennent les italiens.
Non. Non ? Allez dites.

Alors, il doit y avoir, à quelques heures de ce simple match de qualification à l’Euro de l’an prochain, péripétie de campagne, une sérénité évidente. Ce serait injuste de ne pas les manger comme lors de ce 3-1 flamboyant de l’aller. Ce ne serait pas logique que Ribéry leur donne la leçon, que Henry ne marque pas ce dernier but qui rappellerait à l’adversaire celui qu’ils ont tant adulé (41buts, record d’efficacité en sélection pour Michel, encore), que la charnière centrale ne verrouille pas SuperPippo, oui Superpippo, tu as souvent les agissements d’un truqueur, d’un tricheur, d’un italien comme dirait Raymond, que Maké et Pat ne bouffent pas Gattuso en sauce, ne le transforment pas en escalope milanaise. 

Ouais les gars, parce qu’après la soirée d’hier, franchement, ça serait énervant de ne pas ramener quelque chose d’Italie.

 

Posté par barnabe à 12:12 - Chemin de la campagne de l'Euro 2008 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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