Digressions philosophiques et sportives

08 septembre 2007

Changement de ballon

Doit-on s’attendre à un week-end national pourri. Une défaite contre l’Italie à San Siro et ce serait deux soirées gâchées.

Je pouvais être debout face à l’hymne tricolore du Stade de France lorsque la sixième Coupe du Monde de rugby s’ouvrait, ça ne servait pas à grand-chose. Quatre vingt minutes plus tard d’un match incroyablement raté, d’interceptions convenues, d’imprécisions, de stress coupé au couteau et l’ouverture se fermait. Alors ça n’en sera que plus beau.
Comme en 2002 après le Sénégal (avec rond le ballon coréen), comme d’autres parties défectueuses après lesquelles on s’accroche pour laisser cet espoir sourd planer.
Et pourtant, il y avait de la volonté et de la force dans les avants. Des détails que je n’espérais pas revoir ont grippé la machine. Il faut donc que l’Ovalie française gagne sa coupe pour se décomplexer.
J’étais déçu mais me projetais vers l’Italie, comme si cette énième revanche de l’été dernier qui se présentait valait plus qu’un France – Argentine.
Ouais, pour un footeux, il y aura toujours ce petit plus qui ajoute au match Italie – France, une importance transcendantale, un historique, que dis-je, une Histoire, bien plus maîtrisée que désormais cinq défaites en six confrontations contre les Pumas. 

France – Italie ne sera plus jamais pareil.
Comme après que Platini ait donné la leçon à ses coéquipiers de la Juve au Mondial 86. Comme après les tirs au but de 98, comme après la finale hollandaise de l’Euro 2000.
Après toutes ces rencontres, il était évident que la Francebénéficiait d’une protection divine, d’une aura de réussite (méritée) contre l’adversaire si traumatisant de nos clubs.
Enfin, tout cela jusqu’à Berlin.
Comme si l’insolent bouclier qui nous permettait de trouer la botte italienne au bout du combat avait été cassé d’un coup de boule.

J’apprenais alors que depuis 1978, j’étais gamin alors et j’avais décidé de ne pas vraiment me souvenir des dernières défaites, donc depuis 78, j’apprenais que l’Italie pouvait nous battre.
Oh certes, aux tirs au but, pas vraiment sur le terrain.
Ah mais voilà, nous sommes officiellement invaincus sur les 90 ou 120 minutes normales, non sujettes à la loterie de fin de match. En fait, la finale de l’an passée, ce n’est pas vraiment grave, ça ne compte pas, ce n’est pas ce que retiennent les italiens.
Non. Non ? Allez dites.

Alors, il doit y avoir, à quelques heures de ce simple match de qualification à l’Euro de l’an prochain, péripétie de campagne, une sérénité évidente. Ce serait injuste de ne pas les manger comme lors de ce 3-1 flamboyant de l’aller. Ce ne serait pas logique que Ribéry leur donne la leçon, que Henry ne marque pas ce dernier but qui rappellerait à l’adversaire celui qu’ils ont tant adulé (41buts, record d’efficacité en sélection pour Michel, encore), que la charnière centrale ne verrouille pas SuperPippo, oui Superpippo, tu as souvent les agissements d’un truqueur, d’un tricheur, d’un italien comme dirait Raymond, que Maké et Pat ne bouffent pas Gattuso en sauce, ne le transforment pas en escalope milanaise. 

Ouais les gars, parce qu’après la soirée d’hier, franchement, ça serait énervant de ne pas ramener quelque chose d’Italie.

 

Posté par barnabe à 12:12 - Chemin de la campagne de l'Euro 2008 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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