Au crampon affûté

Digressions philosophiques et sportives

12 mars 2007

La thèse empirique

La reléguation prend le pouvoir.
Nous sommes tous d'accord pour dire que la lutte pour la 3 ème place du championnat n'a aucun intérêt. Donc, intéressons nous logiquement aux derniers loges du camp.

L'étude, proprement dite chiadée qui suit, a une haute teneur en bifidus actif (ceci étant dû à une absorption exagérée de yahourt, remplaçant naturel du sport de bas niveau).

Partons du principe que parmi PSG, Nantes, Troyes, Nice et Valenciennes, 2 équipes accompagneront Sedan en Ligue 2.
Partons aussi du principe que le sauvetage des meubles se fait à 41-42 points (43 points en 2004-05, 39 points l’année passée). 

Appliquons les résultats de l’année passée sur les matches restants à jouer pour toutes ces équipes.
(C’est pas plus con que de faire des pronostics intelligents).
Etant donné que ni Lorient, ni Sedan n’étaient dans l’élite, ces deux clubs seront donnés perdants lors de nos confrontations simulées (oui, c’est con aussi).
Etant donné que Valenciennes a aujourd’hui 32 points mais n’a pas d’historique en L1, gardons les en tête quand même. Sorte de joker nordique.

Th_se_absurde

Faut cliquer sur le fichier PDF qui ne contient aucun virus (carnet de vaccination à l'appui).

Nice passe, VA sort ses pitbulls et s'accroche.
C'est à ce moment qu'il faut avoir des pensées forcément émues car il y a de fortes probabilités (je vous le rappelle, basées sur une absence avérée de fondement évident) pour Nantes ou Paris y passe. (Pensons également à Troyes, mais plus rapidement.)

Ou alors, la Ligue recevra des chèques jaune et vert, ou bleu et rouge pour passer la L1 à 22 clubs afin, bien entendu, de sauver le football français et de faire plaisir au Havre, 4 ème de L2.

Enfin, ce que j'en dis... au soir du 26 mai:

15. Nice    49 pts

16. Valenciennes 44 points (hypothétiquement)

17. PSG 42 points (il est des clubs qui peuvent avoir la chance du goal à Vérage)

18. Troyes 42 points

19. Nantes 41 points

20. Sedan (je n'ai rien contre Sedan, bien qu'ils soient moins accueillants depuis qu'ils ont rangé Babar, leur sanglier)

Posté par barnabe à 16:28 - Assaisonné en 2006-2007 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


05 mars 2007

La cane a ri en voyant ses petits

Paris et Nantes luttent contre l’ignominieuse descente en Ligue 2. Il y a une probabilité non négligeable que l’un de ces deux chefs d’œuvre en péril goutte à la honte de la division inférieure.
Il faut faire quelque chose, il faut étudier le phénomène pour comprendre pourquoi ces deux clubs si riches de palmarès et de budget se retrouvent au mois de mars dans les trois derniers des vingt clubs de l’élite.
Ben tiens.
Il ne manquerait plus qu’Auxerre pour avoir le brelan de brèles. 

Le FCNA est un club formateur. Non môsieur, plus depuis au moins cinq ans (l’article de FF n°3177, édition du mardi 27/02/07).
Paris SG vit la plus noire de ses saisons depuis sa création. Bon, là, d’accord.
Auxerre n’a plus Guy Roux et Fernandez porte mal le bonnet.
Moi aussi, je préférerai avoir PSG, Monaco, Lyon, Marseille, Auxerre, Nantes, Bordeaux se tenir en un 1 point en tête du championnat pour garantir une fin digne de ce nom (et St Etienne pour le fun).

Moi aussi, je fais là, comme tous les médias, une grossière erreur irrespectueuse envers Sochaux, Lille, Lens et de l’autre côté, les supposés reléguables, sans compter les spécialistes des ventres mous. 

Pendant qu’on nous caramélise la tête en pleurant sur les gloires passées, nous ne mettons pas assez en valeur ces clubs –irréguliers certes- qui obtiennent l’espace d’une ou deux saisons l’alchimie équilibrée et exacte qui fait d’une écurie banale sur le papier un monstre de compétition.
Mais Lorient, Le Mans ou Toulouse seront toujours moins vendeurs dans L’Equipe que les 7 gros clubs précités. 

Je me pose humblement une question (avec l’aide d’un ami supporter du cru) : qu’à fait Nantes de la vente de tous ces espoirs de la génération Loko, Ouedec, Pedros ? Et ceux d’avant ? Ils n’ont plus réellement investi dans leur centre de formation (dont l’ex-exemplarité faisait rougir il y a peu tous les clubs européens), ils ont raté quelques recrutement externes, certes, mais encore ?
La prise de Direction financière ne fait pas tout. Qui se barre avec le magot depuis des années ?
A côté de ça, la soupe est resservie autour de l’éthique de Nantes : club formateur capable de faire des coups en fonction des générations (en gros tous les trois ou quatre ans).
Pourquoi Nantes ne se donne pas les moyens de ses ambitions ? Calmement. 

Et Auxerre qui nous a fait rêver nombre de fois en campagne européenne et qui s’endort avec cette impression que le discours de Roux sur le combat du maintien est plus vrai que jamais ?
Elevage de champions, riaient Les Guignols. Mais c’était vrai.
Est-ce que seul Bosman serait responsable de tout cela à Nantes et sur les bords de l’Yonne ? 

Et Paris et ses crises.
L’année prochaine, rôles inversés avec l’ohème.
Ridicules. 

Alors j’aimerai croire à ce que je dis. Penser réellement : vive Le Mans en Ligue des Champions, puis l’année d’après, Lorient, et ensuite Nice.
Mais je n’y crois pas.
Je veux du Paris – Barcelone, du Nantes – Juventus, du Marseille – Milan, du Lyon – Real Madrid, du Monaco – Real (encore parce qu’il n’y a pas de raison), du St Etienne – Kiev, du Bordeaux grand cru aussi.
Même les matchs nuls à l’arrachée de Lille me déplaisent. Non pas que Lille ne mérite pas son grand club mais j’ai des raisons que
la Raison n’explique pas.

J’en veux des quarts de finale, des demies, des finales tous les ans avec du bleu-blanc-rouge dans les tribunes. Et jusqu’à preuve du contraire, sans autre secret inconnu, les statistiques de victoires vont dans le sens des dits « grands » clubs, avec des billets verts trébuchants dans le sac de sport.

C’est bien joli joli Gueugnon ou Calais en UEFA mais ce n’est drôle qu’une fois de temps en temps, juste pour s’assurer que le football reste universel et la gloire à la portée de tous. 

Il ne s’agit même pas de relancer la polémique de taxes, d’impôts de DNCG franco-française puisque nos clubs devraient être capables de rivaliser sur un aller-retour avec les cinq premiers de chaque championnat.
Par contre, dans le système actuel, un championnat du Monde des clubs ne serait pas drôle pour les clubs de l’hexagone. 

Parler de la relégation de Paris et de Nantes aujourd’hui, nous rabattre les esgourdes avec même indécent face aux luttes continuelles de leurs voisins de classement qui savent le combat à mener depuis août dernier.
Nantes, Paris plongent, dommage. Quitte à les voir passer de crise en crise, autant en subir une bonne pour rebondir sainement. A moins d’espérer cette drôle de règle qui veut que les canaris explosent une année sur deux (mais c’était vrai avant).
On dit « le spectre de la relégation ». Comme une sorte de lèpre pour gros budgets.
Et tous ces clubs qui y passent, ceux qui y vivent. 

Tiens, et Lyon ?
On leur en voudrait presque d’avoir trouvé cette formule qui tient sans grande difficulté depuis réellement 3 ans (les deux-trois premiers titres furent délicats) à cause du syndrome national que la défaite est toujours à venir et qu’elle serait presque belle à raconter. 

Et dire que cela fait parler autour de nous depuis la fin de l’hégémonie de Marseille au début des années 90 (quand la France a découvert qu’on pouvait gagner une Coupe d’Europe).
Continuons donc. 

Alors si Nice s’en sort plutôt que Nantes, disons Bravo Nice deux fois plutôt que malheur à Nantes.

 

En attendant, si les Cahiers du Football voulaient participer à une pétition ayant pour but d’obliger aux petits clubs de laisser la place aux gros en Europe (avec parrainage sur les effectifs : les meilleurs joueurs des clubs modestes vont chez les gros pour les renforcer)…

Parce qu’Antonetti face à Trapattoni en Ligue des Champions, y’a un truc qui cloche.

Oui, c’est con.

 

Posté par barnabe à 19:48 - Assaisonné en 2006-2007 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 mars 2007

Cantona est-il un footballeur ?

Texte envoyé aux Cahiers du football pour leur concours cantonesque

Mon papa n’a jamais aimé Cantona.
Il aura même été jusqu’à prétendre que c’était une brèle.
Je lui rétorquais que, justement, il s’agissait pour l’artiste du football d’un hommage au chanteur. J’en profitais pour fredonner la chanson « Cantona que l’amour » et cela finissait de l’agacer.

Enfin, un artiste… Canto est-il un artiste ou sa notoriété l’a-t-elle formulée outrageusement tel que ?
Peintre ? Mon œil oui. Il ne manquerait plus qu’il fasse du cinéma.
Mais ne parlons pas du Canto et de sa carrière post-football mais de l’apport de sa carrière à ce sport chéri.
 

Lui qui aime tant le ballon, il l’a souvent desservi.
Mon papa disait de lui qu’il devait se faire interner. A cause de ses galipettes contre les supporters, de ses jetées de maillots, de ses coups de sang, de son flegme britannique sur le terrain pendant que ses coéquipiers s’échinaient à lui donner la baballe dans les pieds (juste dans les pieds, sinon, Canto ne s’abaissait pas à tendre les orteils).

Je répondais à papa que c’était un précurseur dans l’âme.
Zidane n’a-t-il pas récupéré grossièrement sa gestion des réactions épidermiques ?
Mika Pagis ne copie t’il pas ses presque dédaigneuses célébrations de but ?
Ses capacités d’invisibilité sur fond de pelouse verte ne réveillent-elles pas des vocations chez nos meilleurs joueurs de Ligue 1 ?
Et ses jeux de phrases n’ont-ils pas inspirés Barthez lorsque le gardien chauve joua au lama contre un arbitre, rien que pour embêter métaphoriquement Bernard ?

Par son refus de s’adapter aux règles établies, Canto rejetait ainsi son éducation traumatisante vécue sur les bords de l’Yonne quand son Guy Roux lâchait ses chiens et ses Diomède sur les faiseurs de bazars nocturnes.  Qui pourrait donc le lui reprocher ?

Qu’a-t-il apporté finalement au football ?
Une frappe sans effort des 20m en lunette anglaise après laquelle il fait face au public en levant les bras au ciel, comme dans un ralenti d’un film de gladiateurs, homme haranguant la foule tel un empereur romain dans son Colysée.
Un col de maillot remonté pour marquer sa différence comme Rothen est capable de le faire pour faire oublier ses performances.
Un français nommé, sur le terrain de la fourbe perfide Albion : homme de Manchester pour un siècle passé.
Une confiance pour tous les futurs ex-expatriés mercenaires du football.
Des publicités lucratives pour celui qui dénonçait le système…
Des mouettes.
 

Essayons encore de parler football.
Alors qu’il ne participait même pas au jeu… Le bougre.
Cela ne lui était pas nécessaire pour se rendre évident. Sa compétence aigue de la transparence pourrait rendre jaloux Micoud, dernière cuvée bordelaise. Ne voit-on dans le port altier de Johan une descendance filiale au port de balai dans le fondement de Cantona ?

Pourtant, Canto, c’était l’éclair de génie dans le brouillard britannique, c’était le luxe d’un contrôle supra technique et d’une vision rayonnante illuminant 90 minutes de tacles anglais et boueux, virils mais corrects (enfin, tous les tacles qui, à l’époque de Canto, ramenaient la trajectoire des crampons sous la rotule étaient jugés corrects).

Toutefois, il n’était pas difficile de trouver Cantona extraordinairement possédé par le démon brésilien lorsqu’il n’avait en face de lui que des défenseurs génétiquement modifiés par le faible patrimoine de Tony Adams.
Canto a su être là où il fallait, quand il le fallait.

Comment sa patrie d’origine pouvait-elle le reconnaître comme fiston footeux après ses frasques nationales et son exil ?
Par l’unique visionnage de ses exploits grands-bretons dans L’Equipe du Dimanche ? Impossible.
Il devait donc repasser par la Manche d’un maillot bleu pour exister. Lui qui portait si bien le rouge de MU, il devait faire sa mue avec le drapeau tricolore.
C’est alors que le bas blesse.

A l’instar de Ginola, peut-on lui pardonner un jour d’avoir participer au match du 17 novembre 1993 ?
Pendant que son laxisme comportemental rejaillissait sur toute une équipe maudite, Kostadinov transformait le Bernard en ermite de cage.
Il appartient à cette génération que nous voulons oublier, qu’Aimé a su oublier pour construire son Mondial franco-français cinq ans plus tard.
Depuis Fontaine, en passant par Platoche, puis la bande à la Desch’, la France ne reconnaît ses fils que par le maillot bleu. C’est celui qui transcende un joueur moyen bon en très bon (sauf Karembeu en 1998 mais l’exception…).
Cantona ne sera donc que ce mercenaire épileptique aux gestes insensés et encensé en Angleterre.

Au bout du compte, quel faible palmarès pour un joueur porté par une telle aura.
Une coupe de France Montpelliéraine, deux titres de Champion de France marseillais (pour seulement 40 matchs joués en 2 saisons), 5 titres de Champion d’Angleterre (Leeds et MU) et quelques coupes anglaises. Enfin, c’est l’Angleterre…
Rien en Europe. Rien avec les bleus.

Canto est-il d’ailleurs un joueur de foot d’ailleurs ?
Mon papa saurait quoi répondre à cette question. D’ailleurs, père pense que tous les footballeurs sont des touristes pleins d’argent qui ne justifient même pas leurs salaires sur un terrain. Il a des idées novatrices à ce sujet, mon papa.
Cantona me fait rire, il reste atypique et c’est son souhait. Sans doute. C’est son jeu. Sans doute aussi.

Malgré tout.
Il n’empêche qu’en tant que footballeur laborieux du dimanche matin, je hais ces faux sportifs qui trottinent tout seuls, attendent le ballon et marquent des buts impossibles, qui friment par facilité en usant d’une philosophie de bulot.

Tout à fait ce genre de coéquipier pénible à se taper la malléole sur le front mais …qu’il vaut mieux avoir dans son équipe.

 

Posté par barnabe à 19:39 - Ballon crevé - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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