29 novembre 2006
Le rugby ne passera pas
Je viens d’observer avec attention un match de rugby.
L’affiche du dernier match international 2006 de nos athlètes en
calendrier correspond à la première confrontation 2007 de leurs frères
cramponnés, véritables sportifs eux, convenons-en.
Force est de constater que le rugbyman veut se mettre en valeur
en chaussant des maillots trop petits pour eux. Ça moule.
Amusant de constater qu’ils se les échangent en fin de partie
sans même vérifier l’adéquation de leurs tailles respectives.
Si Carew donnait son maillot à Eric Carrière, le lensois aurait encore
de quoi se faire une paire de draps après avoir renouveler son équipement
sportif pour l’hiver.
L’inverse aurait fait économiser un paquet de mouchoirs au
norvégien.
Malgré ce que tous les esthètes de l’Ovalie peuvent dire, le rugby
est un sport raisonnablement simplet. En serait-il autrement pour s’adresser à
ces quintaux de bidoches qui se piétinent avec allégresse dans la boue.
Mais techniquement, le sport est faible.
J’ai la balle, je cours, je me tape la tête contre un mur (bleu
ciel et blanc aujourd’hui, très noir ces deux dernières semaines), je me couche
toi là, je lâche le ballon puisqu’apparemment, c’est ce que les armoires
normandes d’en face recherchent à coups de crampons alu de 18 sur des tempes
découvertes.
D’autres gars me prennent le ballon ente les jambes avec
souvent, un testicule mêlé puis le lance à un copain de la même casaque bourrinée
en arrière.
L’heureux désigné volontaire attrape alors l’œuf de cuir et nous
reprenons tout le cycle à son début : il court, il se tape la tête contre un
train de marchandises et tombe massivement en attaque.
Si les adversaires récupèrent l’objet de tous leurs fantasmes, ils
prennent alors le jeu à leur compte et rentrent alors violemment dans les péniches
d’en face.
C’est un cycle sans fin jusqu’à ce que, par un hasard que les spécialistes
appellent tactique, un joueur moins bête que les autres décide de se démarquer
et de faire un slalom entre les poteaux télégraphiques adverses au lieu de
foncer dans le tas.
Le but étant, on l’oublie trop souvent, de porter la baballe aux
rebonds illogiques derrière une ligne (notons bien qu’il ne faut même pas viser
pour marquer un essai et qu’il n’y a pas de filet).
Il arrive aussi qu’un joueur plus frileux décide de putter rapidement
vers l’avant pour éviter de se prendre un TGV de cent vingt kilos dans la
mandibule inférieure.
Le jeu est très souvent interrompu à cause de pénalités suite à
des fautes incompréhensibles (même avec la vidéo) : en avant (sans
Guingamp), manchette à la pomme d’Adam, placage d’un gars sans ballon, arrachement
des ligaments du genou, crevaison des yeux, torsion des testicules restantes, et
autres délices moyenâgeux.
Quand il n’y a pas de vraiment d’erreurs dans le jeu, l’arbitre peut
stopper la partie pour procéder aux divers soins liés aux contacts nombreux.
Bref, la circulation de la balle laisse à désirer toute la poésie des courses
musclées.
A noter également qu’il s’agit du seul sport où le commentateur
sportif s’exclame avec délectation sur une mise en touche volontaire : « ah
que c’est bien joué, quelle belle touche trouvée ! ».
Donc, aucune fluidité, aucune vision du ballon (puisqu’ils s’agitent
frénétiquement dessus), actions répétitives et mauvais exemple pour la jeunesse.
De plus, les points se comptent aléatoirement sans raison
logique apparente.
A côté de cela, ma femme est capable de se poser dix minutes sur
le canapé, sans qu’on la force, pour observer librement ces trente gaillards tandis
qu’elle ne décroche pas un regard contre un match stressant de L1 : Sedan –
Nice.
Le rugby trompe les femmes, il faut désormais commencer à dire
la vérité quelques mois avant la
Coupe du Monde de l’an prochain.
Sinon, le mois de septembre 2007 risque d’être difficile à
supporter.
28 novembre 2006
Le Ballon dort
Tenant
augustement et poétiquement le tibia de Djibril Cissé dans la main et regardant
le ciel ombrageux, je devisais : Il
y a quelques jours de pourri dans notre royaume.
Les années paires qui ne sont pas celles de Championnat
d’Europe des Nations, et depuis 1994, il d’usage de donner le Ballon d’Or à un
vainqueur du Mondial.
En 1994, Stoïchkov, le bulgare hystéro-agaçant et en 1986, le
russe Belanov, font figures d’exceptions depuis plus de vingt années
d’élections arrangées (sauf pour nos français Papin 1991, Zidane 1998 et
Platini 1983 à 1984, bien entendu).
Donc, il fallait, pour les jurés, qui on le sait, sont
compétents en matière de football puisqu’ils représentent leurs Fédérations
Nationales, trouver quelqu’un dans le 11 italien.
Faisant fi de la régularité de Thierry Henry et de ses deux
finales des plus grandes compétitions de l’année (Ligue des Champions,
Mondial), des soubresauts spectaculaires de Ronnie, et d’autres joueurs
grandement méritants, les deux premiers élus sont Buffon, le gardien parieur et
Cannavaro, l’ex-défenseur de la Juve.
Point de chauvinisme grassouillets dans mes propos pour le
non-sacre de Titi (si tous les joueurs exceptionnels avaient reçus le BO, ça se
saurait), mais un juste retour des choses.
Alors qu’on nous a bassiné les écoutilles avec l’image
irréprochable que doit avoir un homme public, un sportif de haut niveau, un modèle
social, que diantre, un footballeur ; tout ça parce que Zinédine s’est
essuyé la calvitie sur un vulgus pecum
que Dame Nature a doté d’un caractère grossier et violent en finale
sur-médiatisée de Coupe du Monde pour le dernier match de sa carrière non
exemplaire ; le choix italien du BO peut faire discuter.
Donc, discutons.
Buffon et Cannavaro sont de cette Juve accusée à raison de
triche et vol de Calcio. Ils n’ont donc pas été champions d’Italie cette saison
(juste relégués en Série B, ce qui en soi est un exploit puisque c’était la
première fois de leur histoire).
Le gardien Jean-Louis, dauphin de son défenseur central, a été
suspecté de paris litigieux.
Lui et son défenseur central n’ont pas été inquiétés dans la déferlante Moggi mais en ont bénéficié pour mettre en valeur (doper) leurs performances.
Ils ont plus ou moins navigué dans les eaux troubles de dopage organisé par un système rodé et zélé d’accompagnement médicalisé, mais me direz-vous, qui n’a pas besoin d’un coup de seringue de temps en temps ?
Mais il s’agit du BO tagué 2007.
Nous avons Buffon dont l’évidente importance nationale a sauté
aux yeux lors du Mondial allemand, à tel point que l’Italie, d’une pauvresse de
jeu rare pour un vainqueur, se retranchait derrière l’ultime rempart. Sauf sans
doute, cette épique demi-finale contre le pays organisateur où l’Italie a été
contraint de développer ses réels talents offensifs.
Buffon mériterait presque sa récompense de cet arrêt réflexe en
prolongations, sur une tête appliquée de Zidane qui pouvait solder la carrière du
n°10 de façon presque trop parfaite. En un arrêt, il a défait le meilleur
joueur reconnu du Mondial (du Monde ?) avec les conséquences non causales
qui ont suivi.
Mais qu’est-ce Buffon depuis le mois de juillet ? Un
gardien aisé de Série B à féliciter pour sa fidélité à son club dans le moment
le plus tragique.
Une deuxième place au BO peut donc s’offrir sur une prestation d’un
seul semestre.
Quant à Cannavaro, les sunlights de Madrid l’ont appelé. Depuis
août, il se complait, sans se forcer, au Real, multipliant de criantes
contre-performances indignes de son niveau mondialiste.
Un une-deux contre Lyon l’a mis au désespoir.
Encore une fois, les yeux des jurés se sont appliqués à se
fermer le soir du 9 juillet.
Devait-on donner ce Ballon doré à Cannavaro ?
Non.
Devait-on donner cette deuxième place à Buffon ?
Non.
Pourtant, me disais-je, pour une fois que l’on reconnaît les
valeurs défensives.
Ou alors je ne comprends pas.
Ou alors je n’y connais rien.
Tiens,
ah oui, peut-être.
Je
reprenais alors l’os de Djibril pour tapoter un tambour, juste pour reprendre
le rythme de l’année qui arrive.
J moins 25
Olympique Lyonnais 1-0 AJ Auxerre
Lille OSC 1-1 AS Monaco
Valenciennes 1-0 AS Nancy
OGC Nice 2-2 CS Sedan Ardennes
FC Lorient 1-3 FC Sochaux
ES Troyes AC 1-1 Olympique de Marseille
FC Nantes 1-1 Paris Saint-Germain
Le Mans 1-1 RC Lens
Toulouse FC 1-0 Rennes
Girondins de Bordeaux 1-0 Saint-Etienne
Que l’OL remporte son treizième match sur quinze sur une faute
de main de Cool et une tête opportuniste de Malouda n’est pas une injustice. Tout
au plus une lassitude profonde pour les performances du champion d’Automne.
Si, à la 15ème journée, le futur sextuple vainqueur de
la L1 a 14 points d’avance, il en aura 35 à la 38ème.
Vivement les quarts de finale de la LC.
Monaco relève la tête en accrochant Lille à domicile, quatrième
match de suite sans défaite, le bout du tunnel n’est peut-être pas si loin. Il
sera un temps au printemps prochain où Monaco nourrira des regrets.
A noter l’exceptionnelle frappe de Serge Gakpe, 19 ans, dans la
lucarne de Sylva.
Valenciennes conserve son statut d’invincible ou presque (la
défaite contre le voisin Lille ne compte pas) à Nungesser.
Nice lutte mais reste proche de la zone rouge. Il aura fallu l’entrée
de Pujol et sa reprise de volée du coup de pied-tibia pour le partage des
points sedanais.
7ème carton jaune pour Rool en 12 titularisations
(on imagine qu’il fut suspendu pour les 3 autres matchs non joués).
Toulouse gagne au minimum contre Rennes et ce n’est pas grâce à
l’entente Bergougnoux, Mansare qui aura fait du bien à la ville rose. Ils s’accordent
l’autorisation de s’oublier sur le terrain et se bataillent le ballon pour un
penalty (raté aux demeurés).
Revault passe chez ses anciens coéquipiers.
Ah ce focus de chez Canal ! Monsieur Olivier Sadran et sa
partie de foot avec une sélection de supporters !
Ah son tacle assassin télévisé sur les chevilles d’un pauvre
gars abonné du Téfécé, le genre de tranche-jambon à la cramponade qui mérite la
vignette rouge en match officiel.
Ça c’est du focus qui fait sourire Alexandre Ruiz.
Donc, si Cyril Rool sectionne un mollet en match, c’est un
attentat, lorsque c’est un dirigeant qui le pratique sans anesthésie, tout le
monde loue l’engagement et l’esprit combatif de l’amateurisme.
Ok, je le note.
Si le match se joue en première mi-temps, Troyes gagne allègrement.
Si c’est en seconde, Marseille survole les débats.
Un bon match nul enlevé au niveau technique faible. D’aucuns
diraient : un beau bazar.
A noter la reprise victorieuse de Lachuer d’une sorte de plat
du pied en équilibre et l’expulsion de Pagis suite à un écrasement de doigts de
pieds adverses (l’arbitre ne s’est pas demandé comment le marseillais, en l’air,
aurait pu rejoindre le sol sans poser les pieds. Il se trouve qu’une chaussure
adverse se trouvait là. Bon.)
Si Sochaux gagne à Lorient assez largement, c’est grâce à Le
Tallec, 22 ans, ex-Le Havre, ex-Liverpool, ex-St Etienne, ex-Sunderland.
Et comment gagner lorsque le jeune ex-espoir marque deux buts ?
Le destin s’est acharné contre les bretons, comme si Fiorèse arrivait à faire
un doublé contre Paris au Parc. Ce sont des signes contre lesquels on ne peut
pas lutter.
Bordeaux, St Etienne et des accords entre clubs de supporters. Une
franche camaraderie exemplaire. Minute démagogique mais non moins sincère de
jour de Foot.
Sinon, Bordeaux a marqué dès que Micoud a cessé de se provoquer
directement des actions de buts.
Pendant que Lens ratait au Mans l’occasion de prendre seul la
place de champion de France de la Ligue1 à 19 clubs, les journalistes se
décevaient de l’absence de jets de sièges par les supporters parisiens en
voyage à la Beaujoire.
Pour un peu, avec ce calme dans les tribunes, il se pourrait
que le football ne soit pas le seul coupable des évènements tragiques de jeudi
dernier.
Match nul sans trop de relief, bien entendu, volé par l’arbitre
pour le président et l’entraîneur de la capitale. Un match comme un autre donc.
Je ne sais pas vous mais la motivation manque pour se concentrer sur la bataille de la deuxième place dans ce championnat déjà joué.
24 novembre 2006
J moins 26
AS Nancy 1-0 ES Troyes AC
AS Monaco 2-2 FC Lorient
RC Lens 2-0 FC Nantes
Paris Saint-Germain 0-2 Girondins de Bordeaux
Rennes 1-1 Le Mans
FC Sochaux 0-0 Lille OSC
Saint-Etienne 2-1 OGC Nice
CS Sedan Ardennes 0-1Olympique Lyonnais
AJ Auxerre 1-0 Toulouse FC
Olympique de Marseille 1-0 Valenciennes
En une seule journée, qu’y a-t-il de plus énervant ?
Voir Marseille arracher une malheureuse victoire contre VA alors qu’ils
méritaient de sombrer dans une crise à la
parisienne ?
Observer sans frémir la énième victoire lyonnaise sur un but improbable
digne d’un bêtisier de dimanche matin (enfin, sans frémir, tout juste pourra
t-on dire : ‘chié, ils sont agaçants ces lyonnais à gagner encore’.
Dormir sur un canapé en une fin d’après-midi de samedi devant Lille et se
dire après le match que : ‘chié, on le savait bien que ça finirait sur un
0-0 pénible’.
Voir Rennes à 10 et mourir.
Comprendre que la saison nantaise ne sera joyeuse qu’à la 90ème
minute du match de la 38ème journée au moment où, par un hasard de
coïncidences exceptionnelles relevées sur les autres terrains, les canaris
seront sauvés en L1.
Se dire que Nancy a bien une tête de tour préliminaire de la Ligue des
Champions pour l’an prochain.
Se contenter d’une victoire faiblement intéressante des verts en
attendant qu’ils s’écroulent pour les matchs retour (tout le monde le dit).
Détester Auxerre pour ce 1-0 parce qu’on avait parié 2-0.
Et si on a le malheur d’être pro-parisien, c’est énervant rien que d’y
penser.
Avez-vous remarqué ?
Que Joseph Désiré Job est revenu sur les terrains ? Il y a des
ex-espoirs du foot, encore jeunes, tout du moins, on ne sait pas trop, dont on a
trop parlé.
Que Cyril Rool a marqué un coup-franc. Tout le monde a cru à un tir
enveloppé supra-technique mais tout le monde fut rassuré.
Que les deux buts bordelais ont été épatants.
Que le lorientais Gignac est de plus en plus en vue.
Que Canal+ appelle Eric Carrière : le facteur technique équilibrant.
Et ça me fait peur. Faire tenir dix autres joueurs plus les remplaçants sur les
épaules d’un malheureux trentenaire au physique de petit rat de l’Opéra…
Qu’il y avait une ambiance feutrée digne d’un pub privé parisien avant
22h à Louis II et que c’était sans doute le plus beau match de la journée.
N’empêche, Lyon, c’est pénible.
16 novembre 2006
Le mou aka français
La célébration des anciennes gloires de 98-2000 servait de aka néozélandais pour introduire le match France-grèce.
100 sélections pour Vieira, le futur recordman des apparitions en
bleu continue sur sa lancée.
Que vaut cette confrontation franco-grecque ?
Avant le coup d’envoi, toute la curiosité était permise. Mais
ce serait oublier au héros hellène de 2004 : Otto Rehagel et son système
de jeu défensif à marquage individuel.
Jean-Michel : « L’organisation des grecs n’a pas
changé depuis l’Euro ».
Arsène : « 10 derrière… »
On ne peut pas reprocher aux équipes (théoriquement) de valeur
moyenne de ne pas partir avec la moussaka
au fusil.
En 13 minutes de jeu, Saha a tenté un retourné à hauteur de côtes
et Sagnol (le prince des centres, dixit Gilardi) a tiré un coup franc intéressant
pour une tête hors cadre.
Pendant ce temps, David Astorga, l’homologue footeux du néo
chouette présentateur du JT, Harry, prend des airs de Pascal Praud en citant une
anecdote pour Zizou dont un stewart zelé a bloqué l’entrée aux tribunes en
attendant la présentation de son ticket.
Quelque chose me dit que le Zidane, si toutefois il avait
vraiment son ticket dans sa poche, ne l’a pas montré quand même.
Pendant ce temps là également, la concentration sur le jeu, la
tactique, les actions partait en tyropita
tant je m’éparpillais entre le biscuit du soir du chien, mon petit carnet de
note et les discussions dithyrambiques avec ma chère et tendre (également sur l’appétit
exceptionnel de mon neveu pour la purée de sa tata).
La saveur d’un match amical n’est pas celle d’un match de Coupe
du Monde, fusse t-il un France – Suisse fermé comme une boite de sardines à l’huile.
Je pouvais fermer un volet en observant inattentivement par la
fenêtre le carré télévisé vert et sans le son, je ne me pressais pas.
23’ Tentative à une touche de balle et joli une-deux entre Wiltord et Malouda.
26’ Centre de Sagnol contré deux fois par un buste main tête puis tête encore et tête plongeante au deuxième poteau d’Henry pour son 39ème but tricolore.
28’ Arsène, à propos des blessures : « En général, les joueurs qui ont joué la Coupe du Monde, on les perd en novembre-décembre ». Certes, si le cas se justifie pour Ribéry, Trezeguet et certains consorts, nous ne sommes pas obligés de les chercher à les retrouver.
35’ Jean-Michel Larqué, à propos d’une échappée lyrique d’Henry sur l’aile gauche : « Ouh lala, mais où y va, où y va, où y va ! ». En fait, c’est flippant de le vivre en direct parce qu’on plonge directement dans l’esprit de Jean-Michel pour se demander vraiment où il peut aller.
38’ Un, dos, tres avec tir de Vieira « qui met tout ce qu’il a dans la chaussette » (JML)
Ensuite, ce n’est qu’un relâchement conscient de fin de
mi-temps et une seconde partie de match insipide.
Anelka marquait de son empreinte (fautes, hors-jeu, dribbles,
accélérations) l’animation française de façon intéressante mais frustrante.
Le jeu était haché et sans rythme.
Par séquences rares, le supporter entre deux assoupissements se
disait que bon, si ça continue, l’hellène allait finir par marquer un but
improbable sur une faute de concentration.
Mais non, malgré 4 changements de joueurs, l’équipe conservait
son équilibre.
Vint ce coup de sifflet final d’un match que l’équipe adverse
ne joua jamais par choix (et aussi grâce à la qualité de l’opposition) et
vinrent ces regrets éternels pour ce match de juillet 2004 que la France, minée
de l’intérieur, laissa partir.
Viendra désormais la dinde aux marrons et février pour ce
prochain match amical plus épicée contre l’Argentine…
Nous saurons peut-être l’année prochaine si cet escroc de Gonzalo
Higuain, après avoir chercher les lumières médiatiques, sera madrilène pour
lancer sa carrière en Europe.
Il y a eu des manipulations plus discrètes autour de jeunes joueurs
pour les amener dans des clubs huppés…
Célébration
Si la gloire née d’un exploit était proportionnelle au niveau de classe d’une célébration organisée par la Fédération Française de Football, l’équipe 1998/2000 peut se poser des questions quant à leur durée de vie historique dans la mémoire collective des gens.
Dix minutes maximum, des extraits vidéo sur grands écrans, une dizaine de gus au milieu d’une étoile terne projetée sur la pelouse du Stade de France. Voilà tout pour cette équipe incomplète (on comprend mieux ceux qui n’ont pas annulé leurs vacances pour venir) qui a marqué l’Histoire du foot national.
Alors oui, était-ce la bonne formule, le bon moment ?
Pourquoi eux et pas la bande à Platoche et leurs titres
olympique et Euro 84 ? Pourquoi pas tous ensemble avec Raymond et Just
aussi ?
Just est quand toujours, ad vitam æternam, le meilleur buteur d’une
seule Coupe du monde.
Luis a presque raison d’attaquer quand on voit poindre ce petit
sentiment de jalousie par rapport à sa génération des années 80 romantiques.
Mais désormais, Luis, Alain, Jean, Michel ne doivent pas être
envieux de la piètre fête organisée en l’honneur des Champions du Monde et d’Europe
(dans cet ordre).
TF1 avait bien senti le ridicule de la manifestation pour ne
rien retransmettre, ou plutôt leur résumé de dix secondes fut suffisant.
Un match de gala multi-générations ou même entre 98 et ceux d’aujourd’hui
aux dix ans de la victoire du 12 juillet aurait eu une incidence commémorative
plus sympathique.
Les matchs du Variétés ne sont jamais mis en valeur alors que
le football prend toute sa valeur festive.
Ou bien, pourquoi reconnaître une telle évidence ?
Une telle révolution que ce France – Brésil.
Les fanas reconnaissent les 13 buts de Just, les 51 buts de
Michel, la démonstration française de l’Euro 84 (bien plus convaincante d’ailleurs
que 1998 et 2000 quand on y pense), Séville et Guadalajara sans qu’il soit
nécessaire d’en rajouter.
La légende a déjà été inscrite alors à quoi bon la rabaisser
par une célébration, convenons-en, pourrie.
S’en suit France – Grèce, le vice champion du Monde contre le
champion d’Europe en titre, ou les deux derniers champions d’Europe.
Belle affiche si la Grèce n’était pas cette équipe imbuvable et
triste qui aura réalisé son exploit au Portugal là où le football moderne a
perdu pied.
13 novembre 2006
J moins 25 Part 2
Troyes 0-4 Monaco
Il y a des hold-up qui prennent des airs plus réalistes que
celui-ci.
En était-ce bien d’ailleurs ? 4-0 à l’extérieur.
Monaco a des sursauts de moribonds, une sorte d’ultime érection
du défunt. Et c’est Troyes qui en a fait les frais.
Trois buts bien remontés en contre alors que l’équipe du Rocher
était à dix contre onze suite à une main volontaire sanctionnée.
Rien à reprocher, sauf du réalisme au 11 troyen.
Alors, dit-on, il y a des matchs pendant lesquels, il est clair
que l’on ne peut marquer.
Sans doute les marseillais, forts de leurs quatrième défaite de
rang en championnat (5 à la suite avec la Coupe de la Ligue) doivent-ils avoir
une opinion sur le sujet pour ce match où Lille aura su mettre la balle au
fond.
Un match nul n’aurait pas été volé.
Un mi-temps terne éclairée par ce ballon récupéré aux vingt
mètres marseillais, un une deux d’école et Bodmer fait un crochet qui ouvre l’étau
olympien, place un tir adroit en lucarne gauche.
Du genre de but marqué où normalement, le dimanche matin sur
une pelouse picarde, vous regardez le faible public, vous levez les bras en V
dignement, à la Cantonnade, et vous regagnez les vestiaires, fier et satisfait du
devoir accompli avec prestance. Le match mérite de s’arrêter là.
Mais Bodmer n’est qu’un professionnel alors il revient avec les
siens pour une seconde mi-temps plus enlevée, plus digne de ce que les
commentateurs de la chaîne cryptée appellent modestement un match de Champion’s
League.
Les deux équipes auront plusieurs occasions de marquer et Lille
gagne à la fin.
Deux choses à retenir, bon ok trois.
1/ Ribéry a le niveau des grands joueurs puisqu’il imite
désormais Micoud. C’est tout l’art des grands joueurs de savoir se faire oublier
pour apparaître au grand jour sans que personne ne s’y attende.
Micoud depuis le début de la saison et Ribéry depuis le parc
des Princes.
2/ Le second geste à retenir après la frappe de Bodmer fut le
tacle de Keita sur Niang dans la surface lilloise.
A Clairefontaine, on doit appeler ça : le tacle glissé qu’il
ne faut jamais faire.
Hormis la probabilité qu’un arbitre sensible siffle un penalty
(par exemple, prenons Stéphane Bré) car l’action était spectaculaire et son
intensité ne pouvait arriver au firmament que par une erreur d’arbitrage et un
penalty tiré trois fois à cause des joueurs envahissant les 18m pendant le tir
(le penalty est marqué la première, raté la seconde et tiré sur la transversale
la troisième), il fallait être sévèrement équipé pour s’imposer sur ce geste
défensif limpide.
Niang n’a pas le temps de voir venir quoi que ce soit, tout juste
sa vision périphérique doit-elle entre apercevoir un TGV à sa droite.
Le tacle est viril mais correct. Parfait donc.
Et ce qu’il y a de plus extraordinaire (pour reprendre le
vocabulaire d’Alex Ruiz), c’est de se dire qu’à 5 cm près, Niang comptait sa malléole
et les tous petits os de sa cheville pour les offrir à ses enfants comme des
osselets de cours de maternelle.
Et ça, pour un joueur de dimanche matin qui tacle à moissonneuse
batteuse rabbattue, emportant veaux et cochons à chaque passage de charrue
défensive, cela représente la perfection du sillon agricole sur gazon vert.
3/ L’entraîneur marseillais vient de s’asseoir sur un siège
quelque peu inconfortable, adouci dans l’avenir par le messie Cissé.
Lille 1-0 Marseille
Le prochain match au vélodrome contre Valenciennes prend une importance nostalgique toute particulière.
12 novembre 2006
J moins 25 Part 1
Lyon 2-1 Valenciennes
Si Lyon avait perdu deux fois de suite, ce ne serait pas une
grande équipe. C’est Gérard qui le dit. Houllier, le Gérard.
Sans Fred et sans Juninho.
Le fait est que malgré une énorme domination, il a fallu
attendre que les lyonnais soient mis dans les cordes à la 75ème. Savidan
remercie Cris sur la prise de balle, évite son tacle désespéré, part sur le côté
droit de la surface lyonnaise, crochète Squillaci à 2m et tir à ras de terre au
premier poteau, trompant Coupet.
Ensuite, comme 30% de leurs buts depuis le début de la saison,
Lyon égalise par une tête lobée de Cris et sur un tir aussi lobé de Squillaci dans
les dix dernières minutes. Les deux défenseurs mis en cause dans le but adverse
se révoltent et emportent la partie.
Il n’aurait plus manqué que Coupet nous fasse une Janot.
Mais Lyon a perdu Benzema (jusqu’à la trêve) et Govou (une
semaine au mieux), et l’équipe de France également.
Nantes 2-2 St Etienne
Janot, portier tagué stéphanois, a été chercher l’égalisation
dans la dernière minute des arrêts de jeu du match pour une passe chanceuse
mais décisive sur un corner où il décida de monter.
Il fallait bien que Cyril Linette nous fasse son numéro en
présentant le match des six mètres où Janot a réalisé cette action
extraordinaire (« extraordinaire » est un mot de vocabulaire
découvert par Alexandre Ruiz depuis peu de temps, c’est pour cela qu’il le
place une dizaine de fois par Jour de foot).
Bref, deux partout après que les nantais aient ouvert le score à
deux reprises et énervé Georges Eo.
Nice 0-0 Sochaux
« Si on fait un classement sur les quatre derniers matchs
de championnat, Sochaux serait deuxième derrière Lyon ! »Oui monsieur
Ruiz mais tout l’intérêt d’une saison de championnat, c’est bien de tenir 38
journées pour lisser ce genre de séries et récompenser les équipes les plus
méritantes sur la durée. Sinon, imaginons Paris qualifié en Ligue des Champions
tant qu’on y est.
Toulouse 3-1 Sedan
Elmander le suédois a tout fait, dont un but épatant avec une
accélération poids lourds digne d’un Darcheville diététique suivi d’un dribble derrière
la jambe d’appui pour passer deux défenseurs aussi scotchés sur l’action que
sur le maillot toulousain avant d’allumer Regnault proprement.
Un autre but dans le match et Sedan coulait.
Bordeaux 0-0 Auxerre
Triste rencontre marquée par les sifflets contre Micoud à
domicile et la blessure de Mathis sur une sortie de Ramé qui lui plie la
cheville involontairement en lui cassant le péroné.
J’ai encore mal pour lui.
Les ralentis insistants de Canal+ en direct se montraient aussi
nombreux qu’absents par la suite. La honte télévisuelle peut-être.
Il aurait manqué Guy Roux pour avoir un avis technique sur l’angle
de pliure possible d’un ligament ou sur la solidité d’une tête de péroné.
Lens 0-0 Rennes
L’ogre breton fait peur puisqu’il a battu Lyon la semaine
dernière.
Il n’en fallait pas plus à l’entraîneur nordiste Gillot pour se
satisfaire de ce score navrant.
Lorient 2-0 Nancy
Ce sont des choses qui arrivent tant qu’elles ne se répètent
pas. C’est en gros l’analyse de Correa, ex dauphin éphémère de Lyon. Pas
faux cependant pour ce match maîtrisé par les vainqueurs du vélodrome de la
précédente journée.
Le Mans 1-1 PSG
Caysac reprend le message lyonnais en imposant la pression
sur ses ouailles : une grande équipe ne perd jamais deux fois de suite. Donc,
ce match nul remplit le contrat. Nous pourrions en déduire que Paris est une
grande équipe.
Penalty de la dixième pour Paris.
Penalty ensuite refusé sur poussée de Cissé dans le dos de
Matsui (en fait l’arbitre n’a pas vu le japonais derrière Cissé).
Bien sûr, égalisation sur corner qui valu un « C’est
un scandale ça ! Ils sont deux ! » de la part de Lacombe. Très
joli scandale que je n’avais plus entendu depuis Le Luron imitant Marchais. Le reste de la retransmission ne fut plus que ridicule avec
Philippe Bruet qui insistait lourdement sur cette métaphore entre la vitesse du
bus parisien et leur rythme de points marqués.
« Ce soir, vous faites un bon match mais vous repartez avec
le bus et un point ».
Et Pancrate faillit être oublié alors que le bus démarrait
(Bruet avait du énervé le chauffeur).
Cela dit, sur le terrain également, Pancrate est oubliant.
07 novembre 2006
J moins 26
Sedan 1-1 Nantes
L’ex-nantais Pujol, avec son nom d’huile d’olive, a prouvé une
fois de plus que quelque soit son niveau, il faut toujours sélectionné un
ancien joueur de l’équipe qu’on rencontre puisque celui-ci va marquer
inexorablement.
L’exemple de Fiorèse au Parc en début de saison est flagrant
(puisqu’on peut raisonnablement penser que ce sera son seul fait d’armes de la
saison chez les merlus).
Il fallait bien trouvé quelque chose à dire sur ce match
soporifique.
Presqu’autant que Monaco 0–0 Nice
L’ASM marque enfin un point dans un match qu’ils auraient pu
largement perdre tant Roma a multiplié les arrêts, notamment sur un penalty de
fin de match.
Auxerre 2-3 Le Mans
Sur la première action mancelle, Matsui, le japonais du Mans
mystifie (ça c’est du jargon de football où je ne m’y connais pas) la défense
auxerroise sur un dribble chaloupé avant de centrer pour le but.
Après une fin de match assez folle, 3 buts et un carton rouge
en 10 minutes, Le Mans va chercher les 3 points.
« Mais il est où, mais il est où, mais il est où Guy Roux ? »
(air connu)
Valenciennes 0-3 Lille
St Etienne 3-0 Toulouse
Voilà bien deux matchs ne souffrant d’aucune contestation
possible.
A noter que Stéphane Bré a été zoomé par les caméras et micros de C+ pendant la rencontre du chaudron. Tout s’est bien passé. Logique puisque l’arbitre étant mis en valeur dès le départ, il n’avait pas à siffler un penalty dans la surface pour défroissage de maillot pour se faire remarquer.
Il y avait bien 25 orteils (pas plus) qui dépassaient dans la
surface de réparation au moment du penalty troyen. Nous avons pu les compter et
donc, selon la règle bêtifiée par l’arbitre, il fallait le retirer.
Donc, évidemment, comme cela arrive, Troyes manque sa deuxième
occasion de prendre l’avantage. Suite à quoi, un coup franc simulé offre à
Sochaux le but de la victoire pendant qu’un adversaire se faisait expulser pour
une incompréhension visuelle entre un sochalien et un paillasson.
Deux erreurs d’arbitrage en faveur de la 4ème victoire
de rang des lionceaux, ce serait presque le grand Lyon d’Aulas qui se
demanderait si l’arbitre ne se serait pas trompé de match (enfin je me
comprends et Jean-Marie aussi).
Venons-en donc.
Rennes 1-0 Lyon
Autant Rennes a mérité sa première mi-temps autant la seconde
fut à l’avantage de Lyon, même à 10 contre 11 suite à l’expulsion de Juninho
par 1 coude de coude à 0 contre un pif qui traînait ses narines dans le coin.
Amusant d’ailleurs de penser que Guy Roux, fin psychologue dans
l’élevage de bourrins cramponnés, avait pratiquement prédis le coup de sang
lyonnais puisque il disait en début de match que les lyonnais était
anormalement nerveux (il insistait plusieurs fois sur ce fait).
Que pouvait l’OL lorsque Govou simulait un tir canon au 18 m qui partit à la perpendiculaire vers une improbable transversale sur l’aile.
Est-ce que Coupet a vraiment enlevé ses gants au moment de la
tête travaillée sur corner rennais ?
N’ont-ils pas été choqué par la blessure de Montérubio lorsque
sa cheville se coucha lourde comme un cheval morte pendant que sa jambe reste
droite comme un i.
Lyon a perdu pour la première fois de la saison et ça fait un
bien fou.
La paranoïa affichée d’Aulas et Cie est donc vraie. Sinon,
comment pourrait on être autant satisfait d’une défaite sans déméritée d’ailleurs
d’un club qui porte haut les couleurs du pays ?
Il y eu ce Nancy 2–1 Bordeaux qui installe les ambitions
des lorrains et pour lesquels Platini et Piantoni ressortent de la naphtaline à
tout va.
Nancy joue bien et gagne.
Il mérite de prendre la place de Marseille et fait sa crise d’automne
avant l’hiver du PSG. A moins que tout soit inversé.
Marseille 0-1 Lorient
PSG 1-3 Lens
Curieux comme ces deux derniers matchs étaient prévisibles pour
les sudistes et la
capitale. Comme si nous avions vu le match dix fois
auparavant, comme cette impression de déjà vu.
Et Guy Lacombe qui accuse le manque de réussite et ce qu’on
mangé les sangliers à midi (des cochonneries sans doute).
Et Pape Diouf qui s’enflamme tout seul comme un bus de
banlieue.
Et ces deux là qui n’assument pas.
Quel grand recommencement.
A la fin, Lyon gagne quand même.